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Sujet : Peut-on apprendre à penser ?

Définitions des termes :
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • penser : Exercer une activité proprement intellectuelle ou rationnelle; juger; exercer son esprit sur la matière de la connaissance; unir des représentations dans une conscience.

Extrait du corrigé : Leibniz écrit : « Il est manifeste que si l'on pouvait trouver des caractères ou signes propres à exprimer toutes nos pensées, aussi nettement et exactement que l'arithmétique exprime les nombres, on pourrait faire en toutes les matières en tant qu'elles sont sujettes au raisonnement tout ce qu'on peut faire en arithmétique et en géométrie ». On le constate donc l'expression « apprendre à penser » est le lieu d'une controverse dans l'histoire de la philosophie entre Descartes et Leibniz, pour qui la définition même du mot « méthode » relativement à cet « apprendre à penser » est tendu entre l'apprentissage technique et la conversion de l'esprit. Cette tension de l'apprentissage dans ce « dialogue » entre Descartes et Leibniz soulève donc la question de savoir si l' « apprendre à penser » renvoie à une histoire ou à un développement. On comprend désormais la signification des attaques de Hegel contre le calculemus leibnizien, contre l'extériorité du calcul en général, et la nécessité, pour apprendre à penser de ne réduire en aucun cas le penser à un art de bien raisonner, à une limitation par un être extérieur auquel la pensée s'appliquerait. Ce que Hegel critique donc dans la conception leibnizienne de l'apprendre à penser, c'est qu'elle ne présente du « penser » qu'une conception technicienne, l'objet d'un véritable « apprendre » se confirmant lui-même en tant que tel par son inscription dans une « histoire », voire dans un progrès. Pour Hegel, inscrire l'apprendre à penser dans une histoire ne peut se faire qu'au prix d'une « dérivation » de l'acte de penser dans l'acte de connaître ou de raisonner. Or, l'acte d'apprendre se confond en quelque sorte avec le penser lui-même, ou plutôt apprendre est le processus même de la pensée en devenir. Si bien qu'on ne peut séparer l'acte de pensée et l'acte d'apprendre comme si ce dernier précédait la pensée en tant que telle. Si l'apprendre à penser ne renvoie pas à une histoire, c'est qu'il est plutôt de l'ordre d'un développement : il ne s'agit pas seulement dans l'apprendre à penser d'appliquer à une représentation la forme d'un savoir ou d'un jugement, mais de manifester ce qui rend raison de tout jugement, et qui est toujours déjà là, d'aucun temps ni d'aucune époque. Soit un exemple : efforçons-nous de penser la liberté, c'est-à-dire de dépasser les diverses représentations ou les divers jugements que nous pourrions en former.

Peut-on apprendre à penser ?

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