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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- connaître : Savoir, être informé de.
- autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
Extrait du corrigé : b) Fondement anthropologique de la sympathie La définition humienne de la sympathie repose sur un présupposé anthropologique grâce auquel on peut comprendre que je ne sois pas inéluctablement coupé des autres. Ainsi, l'intérêt de cette conception = je suis à la fois autre (je conserve ainsi mon individualité) et semblable (je ne suis pas coupés des autres). Voyons pourquoi. Au travers de la sympathie, je communique avec autrui dans la mesure où autrui et moi sommes également des êtres passionnels : « les passions sont si contagieuses qu'elles [...] produisent des mouvements correspondants dans tous les corps humains ». Ainsi, je peux connaître autrui pour autant que celui-ci est capable de m'affecter. De plus, ce qui faisait obstacle chez Descartes, fait office de « tremplin » chez Hume : le corps d'autrui est non ce qui m'empêche de connaître autrui, mais au contraire, sans ce corps et son identité au mien, je serais effectivement séparé d'autrui. On voit donc que ne pas connaître autrui ne vient pas d'une impossibilité métaphysique mais relève d'une posture : celui qui se sent isolé est celui qui ne sympathise pas (qui est imperméable aux passions d'autrui) c) Fonctionnement de la sympathie Hume dit bien que le point de vue de l'autre n'est pas le mien, mais le devient. Ainsi, il ne nie pas que l'autre soit autre et que je sois moi ; mais il soutient que les passions ressenties « opèrent sur nous en contrariant ou en augmentant nos passions exactement de la même manière que s'ils provenaient originellement de notre disposition et de notre tempérament ». Autrement dit, je peux ma faire une idée de l'intériorité de l'autre, mais une idée qui n'est pas inférieure à celle que j'ai de mes propres expériences.
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Le corrigé du sujet " peut-on connaître autrui? " a obtenu la note de : aucune note
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Remarques d’introduction :
- « Puis-je » renvoie à la question du possible ; or est possible 1) ce qui est réalisable c’est-à-dire ce que j’ai les moyens ou la capacité de faire 2) ce qui est permis, c’est-à-dire ce que j’ai le droit de faire.
- Ici la question du droit ne semble d’abord pas problématique : moralement, connaître autrui semble un devoir et non un interdit ; en effet, je ne saurais raisonnablement vivre entouré de personne que j’ignore, soit parce qu’elles me sont inconnues ou étrangères, soit parce que je fais comme si elles n’existait pas (ignorer quelqu’un ici = le « snober »,) ; autrement dit l’ignorance = état cognitif (le non-savoir) et une posture « éthique » (indifférence affichée) ; dans les deux cas, ne semble pas tenable ; il n’y a pas de sens à vouloir s’interdire de connaître autrui, de chercher à l’ignorer.
- La question du fait sera donc première : s’il est louable de vouloir connaître autrui, encore faut-il que cela soit possible. En effet, la difficulté vient de la définition même d’autrui : il n’est pas moi et réciproquement je ne suis pas l’autre.
- Ainsi, il semble qu’on ne dispose pas, a première vue, des moyens de connaître autrui « réellement » c’est-à-dire de savoir qui il est aussi bien que lui le sait.
- Cependant, on ne saurait pour autant éluder la question du droit car, en admettant même que je puisse réellement connaître autrui, cela ne revient-il pas à minimiser son altérité, et dans ce cas, manquer ce qui définit précisément autrui ?
Problématique : Alors que l’ignorance de l’autre paraît favoriser l’égoïsme (« le fait de ne penser qu’à soi et de ne considérer que soi », Pascal), et du même coup, m’isoler irrémédiablement, il semble que vouloir connaître autrui soit recommandé. Pourtant, est-ce là une chose facile ? Connaître autrui ne va pas de soi, car en effet, comment puis-je connaître réellement quelqu’un qui, par définition, est autre que moi ? Puis-je réellement connaître autrui, ou bien est-ce là un idéal irréalisable?
"Cette intimité qui me protège et me définit est un obstacle définitif à toute communication ... Seule la subjectivité est une existence véritable, mais elle est, par essence, incommunicable. Je suis tout seul et comme muré en moi-même -moins solitaire qu'isolé. Mon jardin secret est une prison." G. Berger, Du prochain au semblable.
"Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre." Sartre, L'existentialisme est un humanisme.
"Or, autrui serait devant moi un en-soi et cependant il existerait pour soi, il exigerait de moi pour être perçu une opération contradictoire, puisque je devrais à la fois le distinguer de moi-même, donc le situer dans le monde des objets; et le penser comme conscience, c'est à dire comme cette sorte d'être sans dehors et sans parties auquel je n'ai accès que parce qu'il est moi et parce que celui qui pense et celui qui est pensé se confondent en lui. Il n'y a donc pas de place pour autrui et pour une pluralité des conscience dans la pensée objective... mais, justement, nous avons appris à révoquer en doute la pensée objective." Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p.402
"La société moderne, sous l'impulsion de la technocratie fanatique, entreprend l'isolement de chacun, claustré dans son appartement, dans son automobile ou son bureau; à l'image du cosmonaute dans sa cabine spatiale..." F. George, Autopsie de Dieu, p.12, Julliard.
"Ainsi la connaissance que nous avons des autres hommes est fort sujette à l'erreur si nous n'en jugeons que par les sentiments que nous avons de nous-mêmes." Malebranche, De la recherche de la Vérité, Vrin, I. p.259.
"Par conséquent, à la façon dont nous regardons dans un miroir quand nous voulons voir notre visage, quand nous voulons apprendre à nous connaître, c'est en tournant nos regards vers notre ami que nous pourrions nous découvrir, puisqu'un ami est un autre soi même." Aristote.
"Celui qui ne se soucie aucunement d'autrui, qui pense n'en avoir nul besoin ou en est effectivement privé... demeure dans son être sur le mode de l'être-avec-autrui." Heidegger, L'Être et le Temps.
"De même que le philosophe qui s'enferme d'abord dans la pensée ne trouvera jamais une porte vers l'être, de même celui qui s'enferme d'abord dans le moi ne trouve jamais le chemin vers autrui." E. Mounier, Le personnalisme. PUF p.39
"La sévérité de nos jugements sur les autres tient d'ordinaire à ce que nous prenons notre idéal pour notre pratique et leur pratique pour leur idéal. " M. Blondel, L'action, p.169.
"Entre autrui et moi-même il y a un néant de séparation. Ce néant ne tire pas son origine de moi-même, ni d'autrui, ni d'une relation réciproque d'autrui et de moi-même; mais il est, au contraire, originellement le fondement de toute relation entre autrui et moi." Sartre, L'Être et le Néant.
"La clef d'autrui est d'abord en nous mêmes, car nous ne faisons jamais que conjecturer autrui." Ch. Blondel, Psychographie de Proust, p.162
"Cette absence de l'autre est précisément sa présence comme autre." E. Levinas, De l'existence à l'existant, p.163.
"Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître c'est de chercher à comprendre autrui." André Gide.
"Il y a ... un objet culturel qui va jouer un rôle essentiel dans la perception d'autrui: c'est le langage. Dans l'expérience du dialogue, il se constitue entre autrui et moi un terrain commun... " Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p.407.
"Dans la vie des masses le rôle déterminant est joué par la contagion et l'imitation. Le moi sort de son état de solitude mais par la perte de soi. " Berdiaev, Cinquième méditation sur l'existence, Aubier Montaigne 1936.
"C'est par l'intime même de son être que le Dasein est en sollicitude de son prochain. La sollicitude est un existential, un mode d'être constitutif de l' ek-sistence." Corves, La philosophie de Heidegger p.33.
"L'âme ne peut dialoguer avec elle-même que si elle a pu accueillir l'autre, que si l'autre est déjà en elle." J. Lacroix, Le sens du dialogue.
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