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Sujet : Peut-on dire que la nature ne fait rien en vain?

Définitions des termes :
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • rien : Le néant, l'absence, la nullité.

Extrait du corrigé :             ● C'est ce que propose de faire Kant dans La critique de la faculté de juger, partie téléologique. Cf. §61 : il est possible d'utiliser un jugement téléologique à titre d'analogie : nous pouvons de façon problématique et analogique repérer ce qui paraît finalisé dans la Nature. (Les principes finalistes sont nécessaires au développement des connaissances humaines, et à qui veut prétendre construire un savoir objectif ; cela ne veut pas dire pour autant qu'ils sont vrais) L'observation de la nature semble nous montrer que rien n'est dû au hasard ou à un mécanisme aveugle. C'est la raison pour laquelle Kant parle de "fin naturelle", de "produit organisé". « Un produit organisé de la nature est un produit dans lequel tout est fin et réciproquement aussi moyen. Rien en lui n'est gratuit, sans fin, ou imputable à un mécanisme naturel aveugle.»             ● Autrement dit, l'organisation de la nature n'a rien à voir avec une causalité connue de nous, c'est la raison pour laquelle on parle de finalité. La raison cherche des causes pour ce qu'elle ne comprend pas, mais cela se fait que de façon analogique. En toute rigueur, il y a un caractère irréductible de l'organisation à toute forme de causalité connue de nous.

	Peut-on dire que la nature ne fait rien en vain?

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Définitions

  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • rien : Le néant, l'absence, la nullité.

Problématique

Le sujet reprend une idée d'Aristote, énoncée à partir de ses observations sur la nature, pour l'examiner et vérifier son bien-fondé. Lorsque l'on observe naïvement la nature, il semble que tout est organisé, que les êtres se répondent, et que l'équilibre apparemment parfait des éléments entre eux vient d'une sorte de plan préalable. C'est ce que souligne cette expression "la nature ne fait rien en vain". Tout semble obéir à un ordre, à une raison. C'est cette apparence d'ordre, dû à une intention de la nature qui est ici remis en cause.

            Se pose donc la question de savoir s'il y a une intention de la nature, ou si l'équilibre, l'ordre et la perfection des arrangements naturels et dû au hasard.

 

 

 



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