Peut-on dire que le passé n'est jamais mort ? *
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Aperçu du corrigé : Peut-on dire que le passé n'est jamais mort ?
Analyse du sujet :
- Le passé, par définition, constitue ce qui n’est plus, ce qui a été, et ce à quoi on ne peut plus rien changer. Par conséquent, il semble irrémédiablement « mort ».
- Mais le passé peut également être quelque chose qui, d’une certaine manière, est toujours présent.
- En effet, le passé agit sur nous et que ce soit par le biais des souvenirs, de l’expérience ou des habitudes, il y a un passé qui semble s’incarner dans le présent.
- Il est ainsi difficile de concevoir un homme « sans passé », car il serait dépourvu de langage, incapable d’utiliser tout ce que l’éducation apporte à un homme, tout ce qui constitue chez le commun des mortels le « passé » et qu’on utilise tous les jours.
- Reste à savoir si ce « passé » qui agit sur nous par le biais de la mémoire est véritablement le passé.
- En effet, notre mémoire est infidèle, et il se peut qu’elle trahisse les faits réels. Entre ce qui s’est passé réellement et ce que nous avons retenu, il peut exister un énorme fossé.
- Si tel était le cas, ne serait-ce pas cependant un moyen, justement, de rendre sa vie au passé ?
- On pourrait effectivement penser que le passé, c’est cette interprétation de l’histoire par laquelle l’homme donne sens au présent.
Problématisation :
Affirmer que le passé n’est jamais mort confine à la contradiction, car, comme la mort, le passé n’est-il pas ce qui n’est plus ? Le passé, n’est-ce pas, par définition, du « présent mort » ? Cependant, il faut bien avouer que cela pose problème, car l’on vit toujours avec son passé. Le passé est ce qui nous a fait tel que nous sommes aujourd’hui, et on ne peut considérer quelque chose indépendamment de son passé : la manière dont quelqu’un mène sa vie dépend de son passé, ce qui laisse supposer que le passé persiste toujours chez l’homme.
Seul l'homme dit « je me souviens » et pour cela il lui est impossible de vivre heureux et pleinement. En effet :1) C'est par la mémoire, conscience du passé, que l'homme acquiert la conscience du temps et donc celle de la fugitivité et de l'inconsistance de toutes choses, y compris de son être propre. Il sait que ce qui a été n'est plus, et que ce qui est est destiné à avoir été, à n'être plus. Cette présence du passé l'empêche de goûter l'instant pur, et par conséquent le vrai bonheur.2) Le passé apparaît à l'homme comme l'irréversible et l'irrémédiable. Il marque la limite de sa volonté de puissance. L'instant présent, ouvert sur l'avenir, est le lieu du possible où peut s'exercer sa volonté de puissance. Le passé, au contraire, change et fige la contingence du présent en la nécessité du « cela a été ». Dès lors la volonté ne peut que se briser sur cette pétrification du passé qui se donne comme le contre-vouloir de cette volonté. C'est pourquoi « l'homme s'arc-boute contre le poids de plus en plus lourd du passé qui l'écrase ou le dévie, qui alourdit sa démarche comme un invisible fardeau de ténèbres ».
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