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Sujet : Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux ?

Définitions des termes :
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • malgré : En dépit de, à l'encontre.

Extrait du corrigé : Le plaisir est le premier bien spontanément recherché. Mais l'agréable se distingue cependant du bien.. De plus, l'agréable peut correspondre au simple soulagement d'une douleur, et donc coexister avec un mal. Platon montre que l'homme de plaisir est insatiable et jamais satisfait, il ressemble à un tonneau percé : le plaisir s'oppose donc parfois non seulement au bien (moral), mais aussi au bonheur lui-même. Le caractère éphémère du plaisir et son indifférence au bien manifeste qu'il est du ressort du sensible, et non du rationnel : et pourtant chacun cherche son bien (et poursuit donc la représentation qu'il se fait du bonheur) à partir d'une logique qui reste celle du principe de plaisir. ·         On comprend alors, dans cette perspective, qu'il est possible de procurer aux autres, même lorsque leurs désirs n'y sont pas directement orientés, du plaisir : mais en aucun cas l'immédiate et éphémère satisfaction que procure le plaisir (celui d'une attention par exemple) ne peut se substituer au bonheur qui semble, du moins c'est comme cela qu'on se le figure, devoir se définir comme  quelque chose qui dure, voire qui à la propriété de l'éternité. On ne peut donc que faire le plaisir de quelqu'un, même quand celui-ci n'est pas prêt à le recevoir : le plaisir naît aussi de la surprise, tout comme la joie, mais certainement pas le bonheur. ·         Sans doute faut-il distinguer ici encore entre plaisir et joie : le plaisir concerne les éprouvés corporels et psychiques qui sont vécus comme agréables ; la joie est une qualité de l'âme que Spinoza décrit comme une augmentation de sa puissance d'être. Le plaisir nous affect, mais la joie est d'abord interne, et concerne notre être même. Le plaisir peut me venir d'un autre, mais il reste partiel, lié à ce que je ressens ; la joie concerne l'ensemble de ma relation avec cette autre personne, c'est sa personne et son attitude qui me réjouissent.

	Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux 	?

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Définitions

  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • malgré : En dépit de, à l'encontre.

Problématique

·         Angles d’analyse

®    Il semble que le bonheur, bien qu’on ne puisse le définir claire de manière immédiate (chacun paraissant avoir une conception individuelle du bonheur), on s’accorde néanmoins sur une définition du bonheur comme aspiration fondamentale de l’homme.

®    Pourtant, cet accord résiste mal à la tentative d’en déterminer le contenu que chacun imagine au gré de ses désirs et de ses espoirs : c’est en ce sens qu’il s’agit de se demander si un sujet (possédant une vision singulière du bonheur) peut, c’est-à-dire encore à la fois à la possibilité technique et la possibilité de droit, faire le bonheur d’un autre sujet (possédant lui aussi une autre vision singulière du bonheur).

®    La difficulté réside d’autant plus dans le « malgré eux » : il semble en effet que déjà la question du « faire le bonheur de l’autre », de droit comme de fait, n’est pas chose facile, mais si cet autre ne le désire pas (puisque le « malgré eux » détermine un non-désir, voire un refus, de la volonté des autres en question), alors cela est-il encore possible ?

®    Il s’agit en creux de s’interroger sur la notion de bonheur, pour essayer d’en déterminer la nature : c’est cette nature et cette essence qui vont nous permettre de répondre à la question, à la fois du point de vue du fait mais aussi du point de vue du droit.

 

Problématique

 

            Est-il possible de fait de faire en sorte que les autres soient heureux quand ils ne le désirent pas eux-mêmes, et surtout lorsqu’on ne sait pas nous-mêmes définir clairement et universellement ce que c’est que le bonheur ? Cette difficulté inscrite de fait, interroger a fortiori le droit : peut-on légitiment imposer à l’autre sa conception du bonheur, quand celui-ci s’y refuse, sous le prétexte d’un « c’est pour ton bien » ? C’est ici à la fois la question de la nature du bonheur, mais aussi celle de la relation à autrui qui sont ici en jeu.



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