Peut-on fonder la morale sur l'intérêt particulier bien compris ? *
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Aperçu du corrigé : Peut-on fonder la morale sur l'intérêt particulier bien compris ?
L'intérêt personnel lui-même, bien compris, peut faire monter l'homme a. un très haut degré de perfection morale. On a considéré comme intéressées, donc comme assez terre à terre, les morales religieuses qui excitent les croyants à l'effort par la promesse d'un ciel dans lequel les âmes des justes jouiraient d'un bonheur ineffable. Et, de fait, il faut le reconnaître, les plaisirs du ciel des païens, ceux même du ciel de chrétiens vulgaires, sont bien inférieurs, et il n'y a rien de moral à les désirer. C'est que ces païens 'et ces chrétiens superficiels se font du ciel une fausse conception. Le plaisir fondamental du ciel est d'être définitivement, fixé dans le bien, comme l'indique la signification profonde du mot sanctus, de se trouver dans l'impossibilité absolue de commettre le mal. Il est facile de le comprendre, dans le désir du ciel, et le souci de notre plus grand intérêt et l'aspiration à la plus haute moralité s'unissent et se confondent. Mais l'intérêt de notre perfection elle-même est un but d'action légitime 1 et qui peut faire monter très haut vers l'idéal humain. L'ascète, qui s'exerce à dominer en soi les impulsions naturelles de la gourmandise ou de l'orgueil, et s'entraîne à établir en lui le domaine de la raison, est un modèle à présenter à l'imitation de tous. Nos modernes utilitaristes lui reprocheront sans doute un défaut essentiel, sa concentration sur lui-même, et refuseront de le proposer en exemple, tant qu'il n'aura pas pour but principal le bien des autres.
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Peut-on fonder la morale sur l'intérêt particulier bien compris ?