Se peut-il qu'un homme échappe a son temps ?
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Aperçu du corrigé : Se peut-il qu'un homme échappe a son temps ?
Publié le : 27/2/2005 -Format:
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des hominidés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
- temps : Milieu indéfini et homogène, analogue à l'espace, dans lequel se déroulent les événements. Temps objectif: Mouvement continu et irréversible (« flèche du temps ») par lequel le présent rejoint le passé. Temps subjectif: Sentiment intérieur de la temporalité, telle qu'elle est vécue par le sujet (synonyme : durée).
Lorsque l'on affirme qu'on vit avec son temps, ou encore que les temps changent, on n'emploie pas le terme « temps » dans le même sens que quand on dit que l'horloge permet de mesurer le temps. Ainsi, dans l'expression « échapper à son temps », c'est au premier sens du terme que l'on pense. Le temps est alors compris comme l'ensemble des circonstances (étymologiquement, ce qui se tient autour)- sociales et historiques- dans lesquelles un homme vit. Echapper à son temps, cela signifierait donc soit se soustraire activement à ce qu'on peut appeler son conditionnement, soit en être éloigné sans l'avoir choisi (homme né loin de tout et de tous, dans une contrée déserte).
Ce même homme pris en exemple n'est-il pas un être mythique ? Se peut-il qu'un homme échappe à son temps ? L'intitulé nous invite à penser que l'homme subirait son temps, c'est-à-dire qu'il ne pourrait pas choisir de ne pas vivre là où il vit, au coeur d'une époque, dans un cadre social et économique déterminé. On doit dés lors se demander si l'homme peut se libérer de tout conditionnement, c'est-à-dire s'il en a la capacité, et comment il l'acquiert.
L'homme, tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme. C'est aussi ce qu'on appelle la subjectivité, et que l'on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l'homme existe d'abord, c'est-à-dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l'avenir. L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n'existe préalablement à ce projet ; rien n'est au ciel intelligible, et l'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être. Non pas ce qu'il voudra être.
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