Peut-on penser par soi-même sans se soucier de ce que pensent les autres ? *
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Aperçu du corrigé : Peut-on penser par soi-même sans se soucier de ce que pensent les autres ?
Au premier abord, notre pensée semble pouvoir faire l'économie de celle des autres. Notre for intérieur ne semble pas avoir besoin du renfort d'autrui. Notre pensée est inviolable, inaliénable.
Pourtant, à y regarder de près, on ne peut pas non plus négliger totalement autrui, son existence et sa pensée. Ne risque-t-on pas, sinon, de sombrer dans le solipsisme ou le scepticisme ? Ne pas se soucier de la pensée d'autrui n'est-ce pas courir le risque du relativisme ("A chacun sa vérité") ?Une pensée isolée n'est pas garante de vérité - Le danger du solipsisme et du relativisme]Si chacun refuse de partager une quelconque pensée avec autrui, si chacun préfère son indépendance à l'échange et à la recherche collective de la vérité, tous ne courent-ils pas vers la tentation de l'arbitraire ? Il est souvent répandu que chacun pourrait détenir sa vérité : l'adage ne dit-il pas : « chacun sa vérité » ? Accepter une telle thèse, c'est reconnaître à chacun le droit de penser ce qu'il veut, sans se soucier ni des autres ni de ce qu'ils pensent. Ce serait donc reconnaître à un tyran le droit d'émettre l'idée selon laquelle il y aurait des races inférieures qu'il faudrait éliminer au point de s'en débarrasser. L'histoire nous montre qu'une telle indépendance rejoint instantanément le risque de l'intolérable et la tentation de la violence. « L'homme est la mesure de toute choses » formule qu'Anatole France interprétait ainsi : « L'homme ne connaîtra de l'univers que ce qui s'humanisera pour entrer en lui, il ne connaîtra jamais que l'humanité des choses. » Toute affirmation sur l'univers est relative à celui qui affirme. Socrate résume la thèse de Protagoras : « N'arrive-t-il pas parfois qu'au souffle du même vent l'un de nous frissonne et non l'autre ? Or que dirons-nous alors de ce souffle de vent envisagé tout seul et par rapport à lui-même ? Qu'il est froid ou qu'il n'est pas froid ?
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