Peut-on soutenir que le désir est l'essence de l'homme ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Peut-on soutenir que le désir est l'essence de l'homme ?
- Bien définir les termes du sujet :
- « Le désir » : vulgairement, c'est avoir envie de quelque chose, en souhaiter sa possession pour avoir du plaisir. C'est ce que l'on ressent lorsqu'un besoin spontané s'est transformé en une tendance consciente orientée vers un but conçu ou imaginé. Le terme ici au singulier, laisse supposer que le désir est considéré comme une sorte d'entité avec des caractéristiques et des lois propres. Il s'agit du désir en général, de la possibilité de désirer qui est en nous, et non pas du désir de telle chose en particulier que tel individu aurait en lui.
- « Essence » : c'est ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, c'est ce qui constitue la nature d'un être, sa particularité, ce qui la distingue de tous les autres.
- « L'homme » : le terme est très vague et n'invite pas à considérer l'être humain dans un domaine particulier comme celui de la politique (on aurait alors parlé de citoyen), mais plutôt de la manière la plus générale possible. Il s'agit de regrouper tous les individus conscients.
- « Soutenir » : c'est affirmer quelque chose sans fléchir.
- Construction de la problématique :
Le sujet pose la question de l'essence de l'homme, tente de trouver quelles sont les caractéristiques qui le distinguent des autres vivants, et propose comme critère de distinction, le désir. Si on définit ce dernier comme étant strictement un besoin spontané et une tendance vers quelque chose, alors il semble que nous le partagions avec les autres vivants. Attention, le sujet n'est pas un sujet sur le désir, mais sur l'essence de l'homme.
Se pose donc la question de savoir si l'essence de l'homme est le désir en tant que tel, ou si c'est plutôt le rapport spécifique qu'il entretient avec le désir. Autrement dit, comment l'homme se positionne par rapport au désir, et comment dévoile t-il ainsi son essence ?
C'est plutôt le côté intelligible qui fait de nous des hommes, et les seuls êtres capables de se hisser à l'universel. C'est donc non pas le désir, que nous avons en commun avec tous les être sensibles, qui constitue notre essence, mais la raison. III/ C'est le rapport au désir qui en fait notre essence : Le désir ayant avant tout trait à la sensibilité, il est normal que tous les vivants sensibles soient capables d'éprouver du désir. Le désir en tant que tel n'est donc pas à proprement parler l'essence de l'homme. Si nous sommes pourtant tentés de dire l'inverse, c'est non pas parce que le désir de l'homme est singulier, mais plutôt parce que le rapport qu'il entretient avec lui est spécifique. ● C'est ce qu'explique Hegel dans La raison dans l'histoire. Pour lui, ce qui distingue le désir de l'homme de celui de l'animal, est la pensée qui s'interpose chez l'homme entre le désir et sa satisfaction. Autrement dit, "tout ce qui est vivant a des désirs", et c'est la raison pour laquelle à ce niveau "l'homme est la même chose que l'animal". Ce qui l'en distingue, c'est qu'il se connaît lui-même, qu'il est pensant, et que de ce fait, "il cesse d'être un simple être naturel, livré à ses perceptions et désirs immédiats." En ayant conscience de ses désirs, l'homme met entre eux et lui une distance, et la pensée rompt ainsi la connexion entre le désir et sa satisfaction - ce qui n'existe pas chez les animaux.
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