Peut on vaincre la mort ? *
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Aperçu du corrigé : Peut on vaincre la mort ?
Se demander si l’on peut vaincre la mort revient donc à poser la question de la capacité de l’homme à contrer les effets de la mort sur son organisation physique et ses représentations morales. Si nous pouvons dire dans un premier temps que l’homme est impuissant face aux effets de la mort sur son organisation physique, il n’en va pas de même en ce qui concerne les effets de celle-ci sur ses représentations morales : l’homme peut en effet n’être pas affecté par la crainte de la mort, soit en refusant de lui prêter la moindre attention, soit en faisant de l’idée de la mort le moteur d’une vie exigeante, dont les productions échappent à la loi du devenir.
De tout ceci nous pouvons tirer qu'il est bien possible de vaincre la mort, dans la mesure où celle-ci n'est jamais une expérience qui nous arrive (puisqu'elle n'est jamais une expérience dont nous pouvons avoir conscience). Il semble donc que nous avons la faculté de lutter contre la mort en acceptant l'idée qu'elle n'est rien, puisque nous ne pouvons avoir d'expérience de la mort, qui est privation de toute sensation. En ce sens, la mort n'existe pas pour nous : nous la vainquons, dans la mesure où elle est un adversaire inexistant. Ce combat est gagné encore plus facilement par les animaux et les végétaux puisque, au même titre que les hommes, ils ne peuvent faire l'expérience de la mort ; mais aussi parce qu'ils ne peuvent pas avoir en d'idée. b. La faculté d'indifférence radicale vis-à-vis de la mort Mais pour répudier la pensée de la mort (et donc annuler ses effets moraux sur nous) l'homme peut également se placer à un niveau supérieur à celui de l'existence sensible. C'est ce que fait Spinoza (dans « L'Ethique ») lorsqu'il affirme que l'homme libre ne pense jamais à la mort et que « sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie ». Spinoza refuse la pensée de la mort car il refuse de se placer au niveau su sensible, de la passion et de l'imagination. Il refuse, de même, de se placer au point de vue du moi égoïste et sensible, ce moi qui n'est en dernier recours qu'une simple détermination, une simple limitation de la substance infinie. Le salut spinoziste consiste donc à affirmer notre être à un autre niveau que le niveau sensible, à nous affirmer dans et par l'exercice de l'entendement.
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