La philosophie peut-elle se passer de la foi ?
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Publié le : 22/2/2004 -Format:
- philosophie : La philosophie, selon Pythagore, auquel remonte le mot, ce n'est pas la sophia elle-même, science et sagesse à la fois, c'est seulement le désir, la recherche, l'amour (philo) de cette sophia. Seul le fanatique ou l'ignorance se veut propriétaire d'une certitude. Le philosophe est seulement le pèlerin de la vérité. Aujourd'hui, où la science constitue tout notre savoir et la technique, tout notre pouvoir, la philosophie apparaît comme une discipline réflexive. A partir du savoir scientifique, la visée philosophique se révèle comme réflexion critique sur les fondements de ce savoir. A partir du pouvoir technique, la sagesse, au sens moderne se présente comme une réflexion critique sur les conditions de ce pouvoir.
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- foi : Du latin fides, « confiance », « croyance ». a) Adhésion ferme de l'esprit à une vérité révélée, ou à un ordre de choses dépassant le simple domaine de l'expérience (exemple : la foi religieuse). b) En morale, fidélité à un engagement. c) Mauvaise foi : chez Sartre, mensonge que l'homme se fait à lui-même, pour ne pas voir une vérité déplaisante.
La philosophie peut et doit se passer de la foi. La raison se suffit à elle-même. Elle montre à l'homme que le sens de son existence n'est pas à chercher dans l'au-delà, mais dans la connaissance de lui-même. Mais, la rationalité philosophique a ses limites. Cela ne doit pas empêcher le philosophe de continuer à réfléchir. Cependant, il ne lui faut pas rejeter la foi qui lui révèle ce qu'il ne peut connaître.
Comment rendre compatible, par exemple, l'idée que le monde est éternel avec le récit religieux de la création du monde? Averroès ne prétend pas qu'il n'y a pas de différence entre les deux, mais pas non plus qu'elles sont opposées et inconciliables. La théorie de la «double vérité» ne doit pas être comprise comme l'affirmation d'une incompatibilité entre foi et raison: la vérité est «double», mais, dans les deux cas, elle est «vérité». Il serait sans doute aussi simpliste de dire qu'Averroès dissimulait son athéisme pour se protéger des persécutions religieuses: à cette époque, il est plus vraisemblable que le philosophe se pose en toute sincérité la question du rapport entre sa foi et ses raisonnements. [] Averroès, s'opposant à l'interprétation faite par Avicenne (9801037) de la philosophie d'Aristote, a voulu, d'une part, lutter contre ce qui lui semblait être une trahison de l'aristotélisme et, d'autre part, concilier foi et philosophie. Saint Thomas d'Aquin s'en prendra aux thèses qu'il soutient,. et qui reposent sur cette volonté de ne pas rejeter la foi au nom de la philosophie, et de ne pas trahir Aristote au nom de la foi. Cette volonté conduit Averroès et ceux qui, comme Siger de Brabant, se réclameront de lui, à nier l'immortalité personnelle et la providence divine; deux idées contraires à la foi chrétienne. De tels problèmes, qui ont pu prendre une tournure si complexe qu'elle en devenait ridicule, ont cessé de préoccuper la philosophie depuis que Kant a montré que la foi ne peut pas faire l'objet d'une connaissance rationnelle. Néanmoins des éléments de parenté indéniables entre philosophie et foi 1.
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