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Sujet : La philosophie pourrait-elle ignorer le corps ?

Définitions des termes :
  • philosophie : La philosophie, selon Pythagore, auquel remonte le mot, ce n'est pas la sophia elle-même, science et sagesse à la fois, c'est seulement le désir, la recherche, l'amour (philo) de cette sophia. Seul le fanatique ou l'ignorance se veut propriétaire d'une certitude. Le philosophe est seulement le pèlerin de la vérité. Aujourd'hui, où la science constitue tout notre savoir et la technique, tout notre pouvoir, la philosophie apparaît comme une discipline réflexive. A partir du savoir scientifique, la visée philosophique se révèle comme réflexion critique sur les fondements de ce savoir. A partir du pouvoir technique, la sagesse, au sens moderne se présente comme une réflexion critique sur les conditions de ce pouvoir.
  • corps : Ce mot a trois sens: A) Il désigne toute substance matérielle que l'homme peut percevoir et qui existe en dehors de lui. En ce sens, un corps possède une masse, occupe un espace et a trois dimensions. B) Il désigne le corps humain, dont les propriétés physiques font l'objet d'études anatomo-physiologiques. C) Il désigne enfin cet épace occupé par la pensée de chacun.

Extrait du corrigé :     Au-delà de la métaphore médicale, l'exposé des menaces que constituent les passions implique la nécessité de suggérer des remèdes. Comme l'on peut s'y attendre, ceux-ci varieront selon le présupposé philosophique qui sous-tend tel ou tel réquisitoire : la thérapie proposée pour lutter contre les passions sera soit le détachement libérateur, soit la foi salvatrice, soit la sagesse modératrice, soit la philosophie rationnelle, source de connaissance et de purification.               Mais beaucoup de moralistes, bien loin de faire l éloge des passions, tendent à les condamner : non pas qu'en général ils considèrent, à la manière d'Epicure, que l'état qui convient le mieux à l'âme soit une indifférence sereine , mais parce qu'ils jugent que la passion introduit en nous un désordre, un déséquilibre. Kant voyait dans la passion une véritable « maladie de l'âme ». La passion développe à l'excès un sentiment et appauvrit tous les autres. Elle apparaît ainsi comme une valorisation partielle du monde, un rétrécissement de notre « Umwelt » à la mesure d'une valeur unique. La passion nous limite à la fois dans l'espace et dans le temps ; dans l'espace puisqu'elle réduit notre champ de conscience et le cercle de nos intérêts, dans le temps, car le passionné est prisonnier de l'instant présent ou du passé, incapable, comme le dit Alquié, de « se penser avec vérité dans le futur ». Le passionné ne sait plus s'adapter aux situations réelles, il refuse de suivre le cours du temps. Son coeur ne bat plus au rythme du monde.   « La possibilité subjective de former un certain désir qui précède la représentation de son objet est le penchant (propensio) ; l'impulsion intérieure de la faculté de désirer à prendre possession de cet objet avant qu'on le connaisse, c'est l'instinct (comme l'instinct sexuel, ou l'instinct parental des animaux à protéger leurs petits ; etc.

	La philosophie pourrait-elle ignorer le corps 	?

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