La philosophie est la science qui met fin au règne des certitudes ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
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Publié le : 4/4/2005 -Format:
- philosophie : La philosophie, selon Pythagore, auquel remonte le mot, ce n'est pas la sophia elle-même, science et sagesse à la fois, c'est seulement le désir, la recherche, l'amour (philo) de cette sophia. Seul le fanatique ou l'ignorance se veut propriétaire d'une certitude. Le philosophe est seulement le pèlerin de la vérité. Aujourd'hui, où la science constitue tout notre savoir et la technique, tout notre pouvoir, la philosophie apparaît comme une discipline réflexive. A partir du savoir scientifique, la visée philosophique se révèle comme réflexion critique sur les fondements de ce savoir. A partir du pouvoir technique, la sagesse, au sens moderne se présente comme une réflexion critique sur les conditions de ce pouvoir.
- science : Ensemble des connaissances portant sur le donné, permettant la prévision et l'action efficace. Corps de connaissances constituées, articulées par déduction logique et susceptibles d'être vérifiées par l'expérience.
- fin : 1. Terme, limite, cessation, interruption d'un phénomène ; opposée à commencement. 2. But vers lequel tend un acte (SYN. dessein) ; ce en vue de quoi quelque chose est fait ; opposée à moyen. Rem. : les sens 1 et 2 sont souvent confondus, comme dans l'adage : « La fin est première dans l'intention, dernière dans l'exécution » ; la confusion entraîne celle de la cessation d'une action, du dessein qui préside à son exécution et du but qu'elle atteint ; c'est cette confusion qui est au coeur de l'idée ant. selon laquelle la fin d'un être est sa perfection, son achèvement. 3. (Par anal.) Ce qui explique pourquoi une chose est telle qu'elle est : organisation de son activité ou de ses parties ; cf. finalité. 4. Fin dernière : fin ultime au sens de but ou de terme absolu, tel que le souverain bien ; SYN. fin suprême ; fin en soi : pour KANT, fin objective, nécessaire, inconditionnelle ; opposée à fin subjective, empirique. 5. Règne des fins : état dans lequel les volontés des êtres raisonnables sont censées s'accorder entre elles et avec l'ordre du monde (SYN. monde des esprits) ; il s'agit pour KANT d'un idéal pratique posant la liaison systématique, par des lois objectives communes, des êtres raisonnables en tant qu'ils sont une fin en soi, et qu'ils peuvent se proposer des fins. 6. Final : a) Qui constitue ou concerne un terme ; SYN. ultime, dernier, opposé à initial. b) Cause finale : qui provoque ou explique un fait à la manière d'un but à atteindre, ou comme moyen par rapport à une fin ; opposée à cause efficiente ; cf. cause, finalisme, téléonomie. 7. Finalité. : a) Fait de posséder une fin, une signification, d'être organisé selon un dessein, un plan ; on distingue : la finalité externe qui a pour fin un être autre que celui dont il est question ; la finalité interne à un être dont les parties sont considérées réciproquement comme moyen et fin (cf. un organisme) ; la finalité immanente qui résulte de la nature et du développement de l'être même (adaptation du vivant à son milieu) ; la finalité transcendante qui est réalisée dans un être par l'action qu'exerce sur lui un autre être. b) Principe de finalité : la nature ne fait rien en vain, c.-à-d. tout être a une fin ; d'où, à l'inverse, l'idée d'une preuve de l'existence de Dieu à partir de l'existence de la finalité dans la nature ; cf. téléologique (argument ). 8. Finalisme : a) Caractère de ce qui dépend d'une fin. b) Toute doctrine qui affirme l'existence d'une cause finale de l'univers, ou (par ext.) qui utilise les causes finales comme principes explicatifs ; opposé à mécanisme.
- certitude : Etat de l'esprit qui tient, sans réserve, pour vrai ce qu'il juge. Caractère d'une vérité indubitable.
Imaginer que la philosophie n’ait pour tâche que de mettre fin au règne des certitudes n’impliquerait-il pas d’accepter l’hypothèse selon laquelle le rôle de la philosophie ne serait que négatif ? La philosophie ne ferait alors rien d’autre que défaire ce que d’autres sciences s’évertuent à faire. Or, la philosophie n’a-t-elle pas plus important à faire que de « gêner » le progrès de ses comparses ? On pourrait concevoir que le rôle de la philosophie soit justement de fournir des certitudes, d’apporter des postulats véraces sur lesquels les autres sciences pourraient s’appuyer. D’un autre côté, on pourrait penser que « mettre fin au règne des certitudes » est le réquisit indispensable à l’avancée des sciences. Ne risque-t-on pas effectivement de perdre la sagesse en restant campé sur ses certitudes ?
Transition :
Mais une telle philosophie, qui rendrait tout engagement impossible, ne priverait-elle pas la philosophie de tout sens ?
La philosophie entendue comme « philosophie critique. »
a) A quoi nous servirait en effet un philosophe qui ne ferait que soutenir qu'il ne sait rien et qu'il ne veut juger de rien ? En s'abstenant ainsi de tout jugement, il ne ferait que laisser faire ceux qui prétendent savoir, puisque comme le dit l'adage « qui ne dit mot consent ».
b) C'est pourquoi Kant nous propose une autre voie. Il élabore une philosophie qui puisse servir d'alternative tant à la philosophie considérée comme science suprême qu'à la philosophie sceptique. Cette philosophie, il la nomme « philosophie critique » et elle consiste à définir les limites de la raison pour que celle-ci avance vers la vérité et ne se perde plus hors d'elle-même. Nous constatons en effet qu'une connaissance certaine est possible : les mathématiques et les sciences physiques fournissent des résultats véraces. Si la raison connaît des échecs, c'est d'après lui parce qu'elle recherche une connaissance de l'absolu. La raison a en effet tendance à dépasser les cadres dans lesquels elle dispose d'un pouvoir de connaître, comme en témoignent les points de vue contraires auxquels elle aboutit.
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