« La photographie est une pure et simple technique, non seulement différente de la peinture et du dessin, mais même nuisible à tout art digne de ce nom, à la conception même du beau et de la poésie. »

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« La photographie est une pure et simple technique, non seulement différente de la peinture et du dessin, mais même nuisible à tout art digne de ce nom, à la conception même du beau et de la poésie. »

Littérature

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Publié le : 1/2/2011 -Format: Document en format FLASH protégé

« La photographie est une pure et simple technique, non seulement différente de la peinture et du dessin, mais même nuisible à tout art digne de ce nom, à la conception même du beau et de la poésie. »
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Beaucoup de peintres médiocres ont trouvé leur voie dans « l'industrie photographique » et, pleins de rancoeur et de dépit, ont contribué ensuite à une véritable conspiration contre l'art véritable... Malgré tout le tapage qui caractérise le progrès technique et la fatuité qui l'accompagne, il est évident que le progrès matériel et l'art sont irréconciliables. Si la photographie remplace la peinture, elle la ruinera, d'autant plus que le mauvais goût et la sottise de la foule favoriseront cette nouveauté, alors qu'il faudrait la laisser à son véritable rôle, qui est de servir humblement les sciences et les arts, mais il serait dangereux de lui confier tout ce qui doit dépendre du rêve et de l'imagination... On pourrait objecter qu'il est facile de distinguer l'oeuvre d'art et la production d'une technique, mais l'action de la multitude sur l'artiste est un fait incontestable : il est évident que déjà bien des peintres se laissent entraîner à une imitation désastreuse : ils peignent ce qu'ils voient, au lieu de peindre ce qu'ils rêvent. Ce n'est pas par hasard : le jugement du public a été faussé par cette confusion des valeurs; à force d'admirer les produits de l'industrie, il est devenu incapable d'apprécier les oeuvres d'art et les créations spirituelles.


Comme l'industrie photographique était le refuge de tous les peintres manqués, trop mal doués ou trop paresseux pour achever leurs études, cet universel engouement portait non seulement le caractère .de l'aveuglement et de l'imbécillité, mais avait aussi la couleur d'une vengeance. Qu'une si stupide conspiration, dans laquelle on trouve, comme dans toutes les autres, les méchants et les dupes, puisse réussir d'une manière absolue, je ne le crois pas,
 ou du moins je ne veux pas le croire; mais je suis convaincu que les progrès mal appliqués de la photographie ont beaucoup contribué, comme d'ailleurs tous les progrès purement matériels, à l'appauvrissement du génie artistique français, déjà si rare. La Fatuité moderne aura beau rugir, éructer tous les borborygmes de sa ronde personnalité, vomir tous les sophismes indigestes dont une philosophie récente l'a bourrée à gueule-que-veux-tu, cela tombe sous le sens que l'industrie faisant irruption dans l'art, en devient la plus mortelle ennemie, et que la confusion des fonctions empêche qu'aucune soit bien remplie. La poésie et le progrès sont deùx ambitieux qui se haïssent d'une haine instinctive, et, quand ils se rencontrent dans le même chemin, il faut que l'un des deux serve l'autre. S'il est permis à la photographie de suppléer l'art dans quelques-unes de ses fonctions, elle l'aura bientôt supplanté ou corrompu tout à fait, grâce à l'alliance naturelle qu'elle trouvera dans la sottise de la multitude. Il faut donc qu'elle rentre dans son véritable devoir, qui est d'être la servante des sciences et des arts, mais la très humble servante, comme l'imprimerie et la sténographie, qui n'ont ni créé ni suppléé la littérature. Qu'elle enrichisse rapidement l'album du voyageur et rende à ses yeux la précision qui manquerait à sa mémoire, qu'elle orne la bibliothèque du naturaliste, exagère les animaux microscopiques, fortifie même de quelques renseignements les hypothèses de l'astronome; qu'elle soit enfin le secrétaire et le garde-note de quiconque a besoin dans sa profession d'une absolue exactitude matérielle, jusque-là rien de mieux. Qu'elle sauve de l'oubli les ruines pendantes. les livres, les estampes et les manuscrits que le temps dévore, les choses précieuses dont la forme va disparaître et qui demandent une place dans les archives de notre mémoire, elle sera remerciée et applaudie. Mais s'il lui est permis d'empiéter sur le domaine de l'impalpable et de l'imaginaire, sur tout ce qui ne vaut que parce que l'homme y ajoute de son âme, alors quel malheur à nous I
 Je sais bien que plusieurs me diront : « La maladie que vous venez d'expliquer est celle des imbéciles. Quel homme, digne du nom d'artiste, et quer amateur véritable a jamais confondu l'art avec l'industrie ? » Je le sais, et cependant je leur demanderai à mon tour s'ils croient à la contagion du bien et du mal, à l'action des foules sur les individus et à l'obéissance involontaire, forcée; de l'individu à la foule. Que l'artiste agisse sur le public, et que le public réagisse sur l'artiste, c'est une loi incontestable et irrésistible; d'ailleurs les faits, terribles témoins, sont faciles à étudier; on peut constater le désastre. De jour en jour l'art diminue le respect de lui-même, se prosterne devant la réalité extérieure, et le peintre devient de plus en plus enclin à peindre, non pas ce qu'il rêve, mais ce qu'il voit. Cependant c'est un bonheur de rêver et c'était une gloire d'exprimer ce qu'on rêvait; mais que dis-je I connaît-il encore ce bonheur ?
 L'observateur de bonne foi affirmera-t-il que l'invention de la photographie et la grande folie industrielle sont tout à fait étrangères à ce résultat déplorable ? Est-ce permis de supposer qu'un peuple dont les yeux s'accoutument à considérer les résultats d'une science matérielle comme les produits du beau n'a pas singulièrement, au bout d'un certain temps, diminué la faculté de juger et de sentir ce qu'il y a de plus éthéré et de plus immatériel ?



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Corrigé : « La photographie est une pure et simple technique, non seulement différente de la peinture et du dessin, mais même nuisible à tout art digne de ce nom, à la conception même du beau et de la poésie. » Corrigé de 2147 mots (soit 3 pages) directement accessible

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Problématique

Pourtant sa mise en garde reste actuelle dans la mesure où elle s'exerce contre la facilité et la médiocrité. 1. La photographie est nuisible à tout art digne de ce nom A ses débuts, la photographie donna lieu en effet à une véritable exploitation de la vulgarité et du mauvais goût populaire, sous p rétexte de nouveauté. Il s'agissait moins en fait de saisir la réalité et de la reproduire q ue d 'imiter les peintres et « f abriquer » ces n ouveaux « tableaux » q u'étaient les p hotos, ce qui explique l 'acharnement d e Baudelaire contre ces mises en scène mélodramatiques o u p seudo-historiques qui sont parvenues j usqu'à n ous. Mais les p hotographes d 'aujourd'hui n e s'avisent plus de j ouer a u p eintre avec leur appareil.

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Plan détaillé

Textes / Ouvrages de référence

Citations

L'appareil gainé de cuir est comme son talisman qu'il -(le touriste) porte en bandoulière (...) Le voyage est une chevauchée seulement entrecoupée de multiples déclics. On ne regarde pas le monument, on le photographie. On se photographie soi-même aux pieds des géants de pierre. La photographie devient l'acte touristique lui-même., E. MORIN, le Cinéma ou l'Homme imaginaire, II, p. 27.

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Une femme est belle à seize ans, mais veut plaire à trente. La voilette est un moyen simple. Tout décor, tout dessin considéré derrière un grillage ou un filet prend du style... La voilette produit le même effet. Pourquoi? Parce que l'oeil s'arrête au dessin ferme et cru de la voilette, surtout à pois, et le visage est comme estompé, lointain, adouci., ALAIN, Propos, 2 sept 1913, L'anneau dans le nez.

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"... je me connais seulement tel que je m'apparais à moi même. La conscience de soi même n'est donc pas encore, il s'en faut une connaissance de soi même" Kant, Critique de la raison pure.

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Récemment, elle a inventé une intéressante technique de peinture sur altuglass et polyester, mais sans abandonner la peinture à l'huile., S. DE BEAUVOIR, Tout compte fait, p. 55.

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Créer est l'acte le plus quotidien de l'homme. Celui qui définit l'homme. Chaque homme. Il ne s'agit pas d'une conception élitiste de la création qui serait seulement invention scientifique ou technique, oeuvre d'art ou génie politique, mais de ce qu'il y a de plus simple et de plus humain dans la vie de chaque femme et de chaque homme., Roger GARAUDY, Parole d'homme, p. 54 (1975).

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.5 (...) l'industrie, faisant irruption dans l'art, en devient la plus mortelle ennemie (...) La poésie et le progrès sont deux ambitieux qui se haïssent d'une haine instinctive, et quand ils se rencontrent dans le même chemin, il faut que l'un d'eux serve l'autre. S'il est permis à la photographie de suppléer l'art dans quelques-unes de ses fonctions, elle l'aura bientôt supplanté ou corrompu tout à fait., BAUDELAIRE, Curiosités esthétiques, Salon de 1859, «Le public moderne et la photographie».

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Il y a trois dessins : d'abord l'absolu du beau : le Phidias; puis le dessin italien de la Renaissance : les Raphaël, les Léonard de Vinci; puis le dessin -rengaine... encore beau, mais avec des indications, des appuiements, des soulignements de choses qui doivent être perdues dans la ligne (...), Ed. et J. DE GONCOURT, Manette Salomon, p. 137.

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La peinture se divise en technique et idéale, et l'une et l'autre se sous-divise en peinture de portrait, peinture de genre et peinture historique., DIDEROT, Salon de 1765, t. XIII, p. 325.

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La poésie de Baudelaire, c'est la poésie de Sainte-Beuve plus la poésie. Je veux dire la matière de cette poésie plus le rayon et le génie de la poésie pure, aliment de lumière, réservé aux dieux, et auquel Sainte-Beuve n'a pas goûté., A. THIBAUDET, Hist. de la littérature franç..., p. 321-322.

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Quelle est la couleur de la tomate ?

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