La politique peut-elle se passer de considérations morales ?
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Aperçu du corrigé : La politique peut-elle se passer de considérations morales ?
Position de la question. Il est assez courant d'opposer la politique et la morale. Tout au moins, sur le plan théorique, les considère-t-on volontiers comme étrangères l'une à l'autre, comme appartenant à deux domaines bien différents. Cette opinion est-elle fondée? Si elle ne l'est pas, comment concevoir leurs rapports?
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Dans la société communiste pourront émerger de nouvelles tensions ou de nouvelles contradictions, évidemment fort éloignées de celles que nous connaissons dans le régime de propriété privée des moyens de production. B. - Discussion. Quelles que soient leurs différences d'inspiration, toutes ces doctrines reposent sur un prétendu «réalisme », d'allure tantôt positiviste (Maurras), tantôt explicitement matérialiste (Hobbes, Lénine), qui prétend ne connaître que des rapports de faits. - 1° Elles méconnaissent ainsi une réalité fondamentale, à savoir que la vie sociale est faite non seulement de réalités matérielles, de rapports de forces, de conflits d'intérêts, mais aussi et peut-être surtout du culte de certaines valeurs (sujets 114-117, 119-121, etc.), parmi lesquelles les valeurs morales tiennent une place éminente. - 2° Elles aboutissent ainsi, en réduisant ce qui doit être à ce qui se fait (c'est déjà très net chez Machiavel), à nier toute morale. Machiavel prend comme prétexte que les hommes sont méchants et lâches ; Hobbes pose en principe qu'à l'état de nature «l'homme est un loup pour l'homme ». « Si cette raison était bonne, objecte Paul JANET, elle vaudrait contre la morale privée tout aussi bien que contre la morale publique. Faut-il donc en conclure que les hommes doivent se dispenser de toute vertu, parce qu'ils ne peuvent atteindre qu'à une vertu imparfaite?
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I. La politique, étrangère à la morale.
II. La politique absorbée dans la morale.III. Véritables rapports de la politique et de la morale.
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Il n'est pas bien nécessaire qu'un prince les [bonnes qualités] possède toutes, mais il l'est nécessaire qu'il paraisse les avoir. J'ose même dire que s'il les avait effectivement, et s'il les montrait toujours dans sa conduite, elles pourraient lui nuire, au lieu qu'il lui est toujours utile d'en avoir l'apparence. Il lui est toujours bon, par exemple, de paraître clément, fidèle, humain, religieux, sincère ; il l'est même d'être tout cela en réalité : mais il faut en même temps qu'il soit assez maître de lui pour pouvoir en savoir au besoin montrer les qualités opposées. On doit bien comprendre qu'il n'est pas possible à un prince, et surtout à un prince nouveau, d'observer dans sa conduite tout ce qui fait que les hommes sont réputés gens de bien, et qu'il est souvent obligé, pour maintenir l'État, d'agir contre l'humanité, contre la charité, contre la religion même. Il faut donc qu'il ait l'esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon que le vent et les accidents de la fortune le commandent : il faut que [...] il ne s'écarte pas à la voie du bien, mais qu'au besoin il sache entrer dans celle du mal. Il doit aussi prendre grand soin de ne pas laisser échapper une seule parole qui ne respire les cinq qualités que je viens de nommer ; en sorte qu'à le voir et à l'entendre on le croie tout plein de douceur, de sincérité, d'humanité, d'honneur, et principalement de religion [...] : car les hommes, en général, jugent plus par leurs yeux que par leurs mains, tous étant à portée de voir, et peu de toucher. Tout le monde voit ce que vous paraissez ; peu connaissent à fond ce que vous êtes, et ce petit nombre n'osera point s'élever contre l'opinion de la majorité, soutenue encore par la majesté du pouvoir souverain. Au surplus, dans les actions des hommes, et surtout des princes, qui ne peuvent être scrutées devant un tribunal, ce que l'on considère, c'est le résultat. Que le prince songe donc uniquement à conserver sa vie et son État : s'il y réussit, tous les moyens qu'il aura pris seront jugés honorables et loués par tout le monde. Le vulgaire est toujours séduit par l'apparence et par l'événement : et le vulgaire ne fait-il pas le monde ?
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