Pourquoi désire-t-on être amoureux ?
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Aperçu du corrigé : Pourquoi désire-t-on être amoureux ?
Publié le : 30/12/2005 -Format:
- pourquoi : Pour quelle raison, quel motif: raison intellectuelle de parler ou d'agir OU pour quel mobile, force irrationnelle qui pousse à parler ou à agir.
- désir : Ensemble des phénomènes organiques et psychologiques qui me poussent à posséder un objet en vue d'en tirer plaisir. Cet objet peut être matériel ou non.
- être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
Le terme « amour » (du latin « amor » ) est employé dans des domaines tant multiples que différents: l’amour de la patrie, l’amour maternel, filial, l’amour passionnel, l’amour de Dieu, l’amour des jeux, du danger… C’est donc toujours le même mot mais il ne qualifie pas la même chose, il est sans cesse différents. Il qualifie dans tous les cas les sentiments qu’un individu conscient éprouve pour un objet, pour une idéalisation parfois de cet objet. L’amour de soi parait différent, on pense s’aimer pour ce qu’on est réellement cependant ne doit on pas émettre une distance entre la conscience ce qui aime et la conscience qui est aimée? Du terme amour, on a tiré un adjectif « amoureux » , l’amoureux est celui qui aime ou plutôt celui qui se met à aimer. On ne naît pas amoureux mais on tombe amoureux. Le verbe « tomber » marque-t-il donc une chute, une certaine déchéance? Pour Francesco Alberoni dans le choc amoureux, l’amour est une naissance : « Qu'est-ce que tomber amoureux ? C'est l'état naissant d'un mouvement collectif à deux ». Tomber amoureux c’est éprouver au sens général un attachement exclusivement à une autre personne que soi même, c’est chuter de son statut d’amour de soi à celui d’amour de l’autre. Être amoureux marque donc une rupture narcissique, j’aime un autre aussi exclusivement que moi même, voire même plus. Ainsi, de façon rationnelle il semble absurde voire même dangereux de vouloir être amoureux car on n’est plus réellement soi même, on n’appartient plus à nos seuls désirs mais aussi à celui d’autrui. Nous avons déjà tellement de dépendance dans notre vie quotidienne qui nous empêchent de nous sentir parfaitement libre alors pourquoi choisirions nous d’en avoir une autre?
Le choix, les préférences, l'attachement personnel sont l'ouvrage des lumières, des préjugés, de l'habitude; il faut du temps et des connaissances pour nous rendre capables d'amour, on n'aime qu'après avoir jugé, on ne préfère qu'après avoir comparé. Le véritable amour, quoi qu'on en dise, sera toujours honoré des hommes; car, bien que ses emportements nous égarent, bien qu'il n'exclue pas du coeur qui le sent des qualités odieuses et même qu'il en produise, il en suppose pourtant toujours d'estimables sans lesquelles on serait hors d'état de le sentir." Rousseau B- Dans le banquet de Platon, l'amour est décrit comme désir d'absolu, il part de l'attirance d'autrui mais comme un moyen d'atteindre un objet plus élevé, nous désirons un corps au nom de tous les autres, symbolisant des âmes et enfin de la beauté éternelle. Mais plus que le symbole, le désir d'être amoureux n'est il pas plus intéressé, plus individualisé? PlatonDiotime : « Celui qu'on aura guidé jusqu'ici sur le chemin de l'amour, après avoir contemplé les belles choses dans une gradation régulière, arrivant au terme suprême, verra soudain une beauté d'une nature merveilleuse, beauté éternelle, qui ne connaît ni la naissance ni la mort, qui ne souffre ni accroissement ni diminution, beauté qui n'est point belle par un côté, laide par un autre, belle en un temps, laide en un autre, belle sous un rapport, laide sous un autre, belle en tel lieu, laide en tel autre, belle pour ceux-ci, laide pour ceux-là ; beauté qui ne se présentera pas à ses yeux comme un visage, ni comme des mains, ni comme une forme corporelle, ni comme un raisonnement, ni comme une science, [...] la vraie voie de l'amour, qu'on s'y engage de soi-même ou qu'on s'y laisse conduire, c'est de partir des beautés sensibles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle en passant comme par échelons d'un beau corps à deux, de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions, puis des belles actions aux belles sciences, pour aboutir des sciences à cette science qui n'est autre chose que la science de la beauté absolue et pour connaître enfin le beau tel qu'il est en soi. III Nous désirons être amoureux mais pas aliéné A- L'amour nous pousse à être attiré par autrui, à rechercher en sa présence ce qu'on ne peut atteindre seul. Lorsque nous sommes amoureux et que cet amour est partagé nous avons tendance à parler de complétude, ne dit on pas de l'autre qu'il est notre moitié? Ne parlons nous pas d'âme soeur, d'homme ou de femme de sa vie? " Cupidité et amour : quels sentiments, ô combien différents ne nous suggère pas chacun de ces termes ! -et cependant il se pourrait que ce soit la même impulsion, doublement désignée, tantôt de façon calomnieuse du point de vue des repus, en qui cette impulsion a déjà trouvé quelque assouvissement, et qui craignent désormais pour leur " avoir " , tantôt du point de vue des insatisfaits, et par conséquent glorifiée en tant que " bonne impulsion ".
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