Pourquoi faut-il se méfier de la nature en général, et en particulier de la nature humaine ? *
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La notion de « nature humaine » est d'abord et avant tout l'incarnation de cette exigence. Il n'en demeure pas moins que le mot « nature », dans l'expression « nature humaine », voit son sens quelque peu déplacé. La « nature » à laquelle Rousseau se réfère, est, on l'a vu, une construction méthodologique (cf. cours, Ire partie). La nature de l'homme, si elle est sa nature première et originelle, reste en effet introuvable. Il y a donc bien eu un glissement de sens du mot « nature », qui est passé du biologique au culturel : la nature humaine renvoie moins à la nature qu'à l'essence, c'est-à-dire aux caractéristiques permanentes et récurrentes qui permettraient de définir l'homme. Cependant, la nature au sens propre n'est pas tout à fait absente de la notion de nature humaine.b) A bien y réfléchir, on peut même finalement trouver quelque chose d'heureux dans ce glissement de sens du mot « nature », et dans l'ambiguïté qui en résulte. Il est peut-être significatif et rassurant que ce soit du côté de la nature que l'homme cherche son essence, si l'on considère, comme les sciences humaines contemporaines le font, que l'oubli des conditions physico-chimiques de l'existence prive l'humanisme de tout son sens. L'entreprise de Lévi-Strauss, qui, dans La Pensée sauvage, vise à réintégrer la culture dans la nature (cf.
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Pourquoi faut-il se méfier de la nature en général, et en particulier de la nature humaine ?