Pourquoi travaillons-nous ?
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Aperçu du corrigé : Pourquoi travaillons-nous ?
A la question : " pourquoi travaillons-nous ? ", nous répondons généralement " pour gagner de l'argent ". La réponse semble si évidente que l'interrogation ne parait d'abord avoir aucun intérêt. Mais cette évidence elle-même demande à être interrogée, ne serait-ce que pour mettre à jour la conception du travail gagne-pain qu'elle sous-entend et dans laquelle semble se résumer toute la signification que prend pour l'homme contemporain son activité laborieuse.
Or, quelles sont les causes réelles qui poussent les hommes à travailler, si l'on entend par travail, une activité professionnelle, un métier ou une fonction pénible et contraignante, exigeant un effort douloureux ? Savons-nous vraiment pourquoi nous travaillons, dans quel but et pour quelles raisons le travail est devenu une évidence, une valeur fondamentale ? Il faut ici goûter le parfum subversif de l'énoncé ("au fait, pourquoi diable travailler ?"), et surtout, prendre en compte la richesse du "pourquoi": ce terme renvoie certes à des causes, mais aussi sans doute à des buts. Le sujet sous-entend ainsi que nous travaillons sans vraiment savoir pourquoi, par habitude, que nous exerçons une activité centrale dans notre vie en ignorant ce qui s'y joue, que le travail est sans doute devenu à lui-même sa propre fin. La question posée part donc d'un constat implicite : le travail est en crise, il a perdu tout son sens.
Dès lors, le travail ne répond-il qu'à une nécessité causale et naturelle ? Travaillons-nous uniquement pour un salaire ou un profit ? Le travail n'est-il pas, au contraire, ce qui nous libère du besoin, nous humanise et nous fait accéder à une existence authentique ? En somme, le travail n'est-il qu'une nécessité ? Le sujet nous interroge sur le sens du travail - fin en soi ou moyen - et sur les finalités qu'il y a lieu d'engager dans cette activité. L'enjeu est capital : dans une société en crise, il est urgent de réhumaniser le travail et de savoir pourquoi nous travaillons, dans quel but, à quelles fins. Nous verrons que le travail répond surtout à une nécessité culturelle et que nous travaillons essentiellement pour nous libérer du travail et accéder à un temps libre, celui d'un loisir réappris.![]()
« Naturel » est assimilé à « vital » et à « nécessaire », l' « artificiel » est dénoncé comme « superflu ». Et tout travail non limité à la satisfaction des besoins naturels tombe sous cette dénonciation : production d'objets inutiles, il serait le fait d'une humanité entraînée dans la spirale sans fin des besoins superflus et réduite à la seule dimension laborieuse de son existence, parce que condamnée à produire toujours plus pour consommer davantage. Mais ces oppositions et ces assimilations sont discutables. L'adjectif « vital » lui-même est source de confusions : s'il ne désigne que ce qui est strictement indispensable à la conservation biologique de l'individu, ou de l'espèce, alors presque aucun des besoins dont nous considérons aujourd'hui la non-satisfaction comme laborieuse ou intolérable ne saurait être qualifié de « vital ». est-il vital de vivre avec l'électricité, de dormir dans un lit, etc. ? Il y aurait donc des besoins appelés « vitaux » parce qu'absolument naturels (ou biologiques), et d'autres « vitaux » en un autre sens : ils définissent ou délimitent, dans une société, le seuil de pauvreté. Ces derniers sont « nécessaires » si l'on veut ; mais il faut alors distinguer « nécessaire » et « naturel ». Ce sont des besoins à la fois nécessaires et historiques, cad relatifs à un certain état de développement social. Ainsi, les besoins de confort, mais aussi ceux liés par exemple à l'urbanisation, comme les transports.
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