Pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ?
Nous cherchons le bonheur (celui-ci est, ainsi que l’ont définit les Grecs, le Bien suprême) ; donc si le malheur nous advient, ce ne peut être de notre plein gré, parce que nous l’avons voulu. Dès lors, nous vivons le malheur comme une injustice : nous n’en sommes pas responsables. Pourtant, est-ce là la seule raison pour laquelle nous vivons le malheur comme une injustice ? Ne serait-ce pas plutôt parce que nous pensons l’être par rapport à un devoir-être ? Auquel cas, ne serions-nous pas responsables de notre malheur au sens où nous serions causes, non des évènements malheureux en eux-mêmes, mais du poids que leur représentation ont sur nous ? Par conséquent, pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ? Est-ce parce que le malheur n’est effectivement jamais juste ou bien parce que nous nous laissons emporter par nos passions au lieu de surmonter ce qui nous arrive ?
Lorsque Socrate dans le Gorgias s'entretient avec Calliclès, il met en avant une définition de l'homme heureux à laquelle le jeune sophiste répond qu'il s'agit là d'un idéal illusoire. Socrate privilégie le désir de plénitude, de contentement comme achèvement de l'homme ; Calliclès lui rétorque alors que ce bonheur = un bonheur de pierre. En effet, exister, c'est désirer et en cela, se condamner à l'insatisfaction. Cependant, celle-ci vaut mieux que l'impassibilité : ne plus désirer = mourir. Nous vivons de passions (donc de souffrances) mais nous vivons : refuser cette composante essentielle de l'existence, c'est déchoir du côté des pierres ou poursuivre vainement un idéal divin (donc non-humain). Il faut donc vouloir sa condition humaine ; l'agrément de la vie = « verser le plus possible »[1]. Ne vît le malheur comme une injustice que celui qui ne veut pas verser. Transition : - On vient de voir que le malheur est vécu comme une injustice pour autant qu'il n'est pas consenti. - Cependant, peut-on dire à un enfant gravement malade qu'il est en train de « verser » et doit donc voir son malheur comme un bien ? - On voit ici le présupposé du sujet : le malheur vient toujours à celui qui ne l'a pas mérité.
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