Pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ?
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Aperçu du corrigé : Pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ?
Publié le : 29/1/2004 -Format:
- pourquoi : Pour quelle raison, quel motif: raison intellectuelle de parler ou d'agir OU pour quel mobile, force irrationnelle qui pousse à parler ou à agir.
- malheur : Le malheur évoque une situation pénible et difficile, quelque chose de funeste, néfaste, négatif, non souhaitable.
- comme : De même que, tel que, à l'instar de.
- injustice : Un mal, ce qui est contraire à la loi, une inégalité.
Remarques d’introduction :
· Le sujet invite à expliquer un fait donné : nous vivons le malheur comme une injustice (= présupposé).
· A priori, nous pouvons dire que nous vivons ainsi le malheur parce que précisément, c’est une injustice ; nous ne ferions que nous conformer à ce qui est.
· Cependant, nous « vivons … comme » : cela indique qu’il est question d’un point de vue subjectif, d’une façon déterminée d’éprouver une réalité, mais qui n’est peut-être pas la seule possibilité. Aussi, nous pouvons vivre le malheur comme une injustice en raison de certaines dispositions affectives qui n’indiquent pas que le malheur est une injustice.
Problématique : Nous cherchons le bonheur (celui-ci est, ainsi que l’ont définit les Grecs, le Bien suprême) ; donc si le malheur nous advient, ce ne peut être de notre plein gré, parce que nous l’avons voulu. Dès lors, nous vivons le malheur comme une injustice : nous n’en sommes pas responsables. Pourtant, est-ce là la seule raison pour laquelle nous vivons le malheur comme une injustice ? Ne serait-ce pas plutôt parce que nous pensons l’être par rapport à un devoir-être ? Auquel cas, ne serions-nous pas responsables de notre malheur au sens où nous serions causes, non des évènements malheureux en eux-mêmes, mais du poids que leur représentation ont sur nous ? Par conséquent, pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ? Est-ce parce que le malheur n’est effectivement jamais juste ou bien parce que nous nous laissons emporter par nos passions au lieu de surmonter ce qui nous arrive ?
- Cependant, peut-on dire à un enfant gravement malade qu'il est en train de « verser » et doit donc voir son malheur comme un bien ? - On voit ici le présupposé du sujet : le malheur vient toujours à celui qui ne l'a pas mérité. - D'où le problème : cela veut-il alors dire qu'il y a des cas où le malheur est mérité ? N'y a-t-il pas, derrière une telle logique, une entreprise de culpabilisation aberrante ? Car en effet, si je puis être tenu pu responsable de mon malheur, qui sait si tout malheur n'est pas la compensation d'une faute ? - Conséquence : ou bien on maintient cette dernière hypothèse en la rattachant à la théorie du péché originel (nous expions tous la faute première et sommes ainsi voués au malheur) ; ou bien, on la récuse et il devient possible de fonder la possibilité du bonheur ici-bas. 3- Parce que nous pensons que tout a une fin (visée, but) a) qu'est-ce qu'une injustice ? Est injuste ce qui n'est pas mérité. Or le mérite est une idée économique qui pose une équivalence entre deux termes différents. Plus précisément, le mérité établit une égalité géométrique distributive : A/B = X/D où A/B étant une proportion référentielle (ex : 30$/ heure) et D la prestation, X est mérité, juste, en vertu du rapport A/B.
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