Le pouvoir des mots : mythe ou réalité ?
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Le pouvoir des mots : mythe ou réalité ? Cette question est moins question qu'alternative. Il nous invite à nous interroger sur le caractère réel ou fictif du pouvoir des mots. En effet en ces temps de campagne électorale, on a tendance à se dire que le pouvoir des mots semble et bien exister tout du moins dans la rhétorique politique ou politicienne. Semble dès lors qu'il ne semble pas omnipotent dès lors que dans son pouvoir premier qui serait celui de signifier, de rendre, semble parfois se heurter à ce que l'on nomme pompeusement l'ineffable. Le pouvoir des mots est-il mythe, réalité, les deux ? Et s'il possède une parcelle de réalité, quid de ce pouvoir ? Quelle en est la nature ?
Un pouvoir inexistant face à l'ennemi premier du mot - l'ineffable En effet quand il s'agit d'exprimer certaines nuances, le langage semble pris au dépourvu. Y aurait-il de l'ineffable ? BERGSON "Ce qu'il faut dire, c'est que toute sensation se modifie en se répétant et que si elle ne me paraît pas changer du jour au lendemain, c'est parce que je l'aperçois maintenant à travers l'objet qui en (est la) cause, à travers le mot qui la traduit. Cette influence du langage sur la sensation est plus profonde qu'on ne le pense généralement. Non seulement le langage nous fait croire à l'invariabilité de nos sensations, mais il nous trompera parfois sur le caractère de la sensation éprouvée. Ainsi, quand je mange d'un mets réputé exquis, le nom qu'il parle, gros de 1'approbation qu'on lui donne, s'interpose entre ma sensation et ma conscience; je pourrai croire que la saveur me plaît, alors qu'un léger effort d'attention me prouverait le contraire. Bref, le mot aux contours bien arrêtés, le mot brutal, qui emmagasine ce qu'il y a de stable, de commun et par conséquent d'impersonnel dans les impressions de l'humanité, écrase ou tout au moins recouvre les impressions délicates et fugitives de notre conscience individuelle. Pour lutter à armes égales, celles-ci devraient s'exprimer par des mots précis; mais ces mots, à peine formés, se retourneraient contre la sensation qui leur donna naissance, et inventés pour témoigner que la sensation est instable, ils lui imposeraient leur propre stabilité". Ainsi les impressions fugitives semblent irréductibles à notre langage. Le pouvoir des mots n'a pas lieu d'être face à son ennemi numéro 1 - l'ineffable 2.
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Le pouvoir des mots : mythe ou réalité ?