Pouvons-nous etre sûrs d'avoir compris autrui ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Pouvons-nous etre sûrs d'avoir compris autrui ?
- Remarques sur l’intitulé du sujet :
- « Pouvons-nous » implique de déterminer ce qui est possible soit 1) comme ce qui est réalisable, ce qu’on a les moyens de ... ce que nous pouvons = ce dont nous sommes capables, soit 2) comme ce qui est permis, ce qu’on a le droit de ... ce que nous pouvons = ce qui est légitime
- Ici, la question du droit ne semble pas se poser : comment interdire une compréhension certaine d’autrui ? Alors que tant de méprises ou de mésentente sont sources de conflits, on tend davantage à faire de la compréhension d’autrui un devoir
- Ainsi, la question du fait sera première : si autrui se définit par son altérité, comment être sûr de le comprendre comme nous nous comprenons nous-mêmes ? Il s’agira d’examiner si l’on peut combler la distance qui nous sépare d’autrui : avons-nous les moyens de rapporter du subjectif à de l’objectif ?
- Problématique : Si Autrui se définit par son altérité, pouvons-nous être sûrs de le comprendre ? En effet, qu’est-ce que comprendre autrui avec certitude sinon rendre son intériorité transparente ? Une telle entreprise semble difficile. Et pourtant on ne saurait se résoudre à ne jamais s’entendre avec autrui. Par conséquent, peut-on, sans nier ce qui fait la spécificité d’autrui, parvenir à le comprendre ou bien sommes-nous condamnés à des interprétations plus ou moins juste le concernant ?
.. qui n'engage aucun raisonnement pour être compris Pour Scheler, autrui semble échapper à toute compréhension certaine dès lors qu'on pense son sourire, ses larmes, sa rougeur... comme des données matérielles qu'il faudrait interpréter ; en un mot, nous verrions d'abord des larmes sur un visage, puis nous comprendrions dans un second temps qu'autrui pleure car il est triste. Cette idée pour Scheler suppose qu'autrui est pour nous un objet des sens puis un objet de pensée. Or, Scheler récuse cette distinction. Voici son argument : chaque élément matériel (larmes, rougeur, sourire...) qu'on chercherait à examiner à part de ce qu'ils expriment ici et maintenant, serait alors insignifiant ; car où et quand ces données prennent-elles un sens si ce n'est dans l'instant où ils se donnent à nous ? Le sens des actions d'autrui ne s'obtient donc pas par décomposition puis recomposition, comme s'il était possible, par cet unique moyen, d'obtenir la même perception que ce nous avait fournit le phénomène primitif et total. Transition - Le corps d'autrui ne pose problème que dans un cadre théorique précis, celui du dualisme ; cependant, en étudiant la perception de l'autre, on voit qu'elle porte en elle indissociablement intériorité et extériorité (les 2 nous sont donnés simultanément en tant qu'autrui = structure signifiante ; il n'y a pas de rupture entre ce que fait autrui et ce qu'il veut faire) - Cependant, il y a encore un domaine des faits qui reste problématique : pourquoi avons-nous parfois besoin de demander des explications à autrui ? Si nous pouvons être sûrs de comprendre autrui (parce que nous ne déduisons pas de ses actions ses intentions, et donc, parce que percevoir c'est déjà comprendre), comment se fait-il qu'il faille parfois se justifier ? 3- En tant qu'être libre, autrui est objet de pensée et non de raison a) Précision sur la notion de compréhension Que nous soyons en mesure de comprendre autrui, l'expérience courante en atteste et la phénoménologie en dégage les conditions de possibilité (la perception d'autrui est déjà connaissance car le corps d'autrui est signifiant).
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