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Sujet : Est-ce un progrès de ne pas croire ?

Définitions des termes :
  • progrès : Evolution de l'humanité ou de la civilisation vers un état supérieur. Au sens strict, ce mot implique une amélioration, un perfectionnement.
  • croire : Le verbe vient du latin credere, qui signifie "tenir pour vrai", "faire confiance". La croyance implique donc l'idée d'une absence de connaissance, car il s'agit toujours de "se fier" au témoignage d'autrui.

Extrait du corrigé :  »   On peut commencer par proposer des définitions comparées de la croyance et de la pensée, afin de fournir une première raison possible d'envisager le fait de ne pas croire comme un progrès. A cette fin, on pourra relever, dans le texte d'Alain, les bienfaits du passage de la croyance à la pensée rationnelle, et soutenir que la pensée rationnelle est plus efficace et plus sereine. Dans ce cas, ne pas croire c'est se donner les moyens de construire la pensée d'une manière fiable et efficace.   * Croyance et subjectivité : dépasser la subjectivité est-il un progrès ?     Kant, Critique de la raison pure   « L'acte de tenir pour vrai (la créance) est un fait de notre entendement qui peut reposer sur des raisons objectives, mais qui exige aussi des causes subjectives dans l'esprit de celui qui juge ; quand cet acte est valable pour chacun, pour peu qu'il ait seulement de la raison, la raison en est objectivement suffisante, et le fait de tenir pour vrai s'appelle alors conviction . Quand il a uniquement son fondement dans la nature particulière du sujet, on le nomme persuasion. La persuasion est une simple apparence, parce que le principe du jugement, qui réside simplement dans le sujet, est tenu pour objectif. Aussi un jugement de ce genre n'a-t-il qu'une valeur personnelle, et la créance ne se communique pas. Mais la vérité repose sur l'accord avec l'objet, et par conséquent, par rapport à cet objet, les jugements de tout entendement doivent être d'accord (consentientia uni tertio consentiunt inter se). La pierre de touche servant à reconnaître si la créance est une conviction ou une simple persuasion est donc extérieure : elle consiste dans la possibilité de la communiquer et de la trouver valable pour la raison de chaque homme ; car alors on peut au moins présumer que la raison de l'accord de tous les jugements, malgré la diversité des sujets entre eux, reposera sur un fondement commun, je veux dire sur l'objet, avec lequel, par suite, tous les sujets s'accorderont, prouvant par là même la vérité du jugement.

	Est-ce un progrès de ne pas croire ?

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Définitions

  • progrès : Evolution de l'humanité ou de la civilisation vers un état supérieur. Au sens strict, ce mot implique une amélioration, un perfectionnement.
  • croire : Le verbe vient du latin credere, qui signifie "tenir pour vrai", "faire confiance". La croyance implique donc l'idée d'une absence de connaissance, car il s'agit toujours de "se fier" au témoignage d'autrui.

Problématique

Au sens large, la croyance se définit comme une adhésion à une idée, à une théorie ou à un dogme : la foi, l’opinion et le savoir sont dans cette perspective des modes différents de croyance. En un sens plus restreint, la croyance est opposée au savoir et désigne une attitude de l’esprit qui affirme quelque chose avec un degré plus ou moins grand de probabilité, sans pouvoir en donner de preuves. Enfin, en un sens particulier, la croyance peut être synonyme de foi, et consiste à adhérer à une vérité transcendante sans justification rationnelle. Se demander si ne plus croire est un progrès semble amener à considérer les sens restreints de la croyance, au sens où il s’agit de savoir si la croyance est une attitude imparfaite de l’esprit, qui peut être dépassée par un mode de connaissance supérieur : il faut donc se demander si l’on peut comprendre la croyance comme une étape dans une hiérarchie, qui doit mener à son dépassement. Cela amène à poser la question du statut de la croyance, c’est-à-dire de ce que cette attitude de l’esprit peut apporter en termes théoriques et pratiques, et de la possibilité de la dépasser. Ne peut-on penser que la croyance désigne un rapport à soi-même et au monde spécifique, indépendant du mode du savoir et indépassable par lui ? Ou bien que notre esprit, parce qu’il est limité, ne peut toujours dépasser la croyance en donnant des raisons rationnelles d’adhérer à une idée ? Après avoir envisagé que le dépassement de la croyance, loin d’être un progrès, apparaît comme une illusion irréalisable, nous envisagerons la croyance comme une étape de la raison appelant son dépassement dans le savoir scientifique. Nous pourrons alors envisager l’idée que les rapports entre croyance et savoir ne sont pas à comprendre comme un progrès, mais comme deux ordres distincts et tout autant nécessaires.



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