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Sujet : Puis-je me mettre à la place de l'autre ?

Définitions des termes :
  • place : Lieu, endroit, position, importance.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.

Extrait du corrigé :   Mais justement il semble que des consciences différentes n'attribuent pas la même fonction à un même objet : par exemple, un masque africain à une fonction rituelle en Afrique, et la fonction d'oeuvre d'art dans un musée européen. La coïncidence des consciences n'est donc pas assurée. Pour qu'elle soit possible, il faudrait que nous sachions quelle fonction autrui va attribuer à l'objet, en fonction de sa culture, son éducation, etc.     III - Comprendre autrui pour se mettre à sa place :   Pour comprendre complètement autrui, il faudrait, comme nous l'avons dit, connaître son milieu socioculturel, l'éducation qu'il a reçu, etc., c'est-à-dire, connaître l'ensemble des préjugés à partir desquels il va attribuer, en se rapportant au monde, telle fonction à telle chose. Il faudrait donc, pour comprendre parfaitement autrui, préalable nécessaire à une coïncidence des consciences, connaître toute son histoire.   Référence : Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode   « La naïveté de ce qu'on appelle historicisme consiste à se dérober à une telle réflexion et, en se fiant à la méthodologie de sa démarche, à oublier sa propre historicité. Il faut en appeler ici d'une pensée historique mal comprise à une autre qu'il reste à mieux comprendre. Une pensée vraiment historique doit inclure sa propre historicité. A cette seule condition, elle cessera de poursuivre le fantôme d'un objet historique - objet d'une recherche en progrès - pour discerner dans l'objet l'autre que ce qui nous est propre et par là apprendre à reconnaître aussi bien l'un que l'autre.

	Puis-je me mettre à la place de l'autre 	?

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Définitions

  • place : Lieu, endroit, position, importance.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.

Problématique

Analyse du sujet :

 

  • La forme de notre sujet est une question fermée : il s’agira d’y répondre par « oui » ou « non » en conclusion, au terme de l’argumentation qui fait l’objet du corps de la dissertation. L’argumentation est toujours la défense d’une thèse, c’est-à-dire, une prise de position par rapport à un problème qu’il s’agit de mettre au jour dans l’introduction. Pour faire surgir le problème qui sommeille dans le sujet, il convient d’analyser les termes qui composent celui-ci :
  • « se mettre à la place d’un autre » peut se comprendre de deux manières : ce peut être d’abord remplacer cet autre, c'est-à-dire assurer la fonction qui lui incombe. Cela peut aussi signifier faire comme si nous étions cet autre, pour agir comme si nous étions lui, comprendre ses décisions, ses dires ou actes, etc. Ne faut-il pas par exemple se mettre à la place de l’auteur dont nous voulons comprendre les thèses ?
  • Dans les deux cas, se mettre à la place d’un autre revient à rechercher la coïncidence de soi avec autrui, quant à sa fonction, sa pensée, etc. Il semble évident qu’une coïncidence absolue est impossible : nous pouvons éventuellement voler l’identité d’autrui, mais jamais son corps ni son esprit. Inutile donc d’essayer de défendre cette thèse. Le sujet invite plutôt à réfléchir sur la limite jusqu’à laquelle il est possible de coïncider avec autrui et les conditions sous lesquelles cette extrême coïncidence est possible.

 

 

Problématisation :

 

Rappelons que la problématique est l’ensemble des problèmes qui gisent sous le sujet, hiérarchisés en vue de leur résolution dans le corps de la dissertation. Si, comme notre intuition nous le laisse pressentir, la coïncidence de soi avec autrui est limitée, il convient de trouver ce qui ne pourra justement jamais coïncider, autrement dit, ce qui appartient en propre à autrui et jamais ne nous appartiendra. Remarquons qu’il ne s’agit que d’une intuition. Notre première direction de recherche prend donc la forme d’une question :

Autrui a-t-il quelque chose qui lui est propre ?

Nous nous demanderons ensuite jusqu’à quel point et comment coïncider avec autrui.



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