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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- connaître : Savoir, être informé de.
- autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
Extrait du corrigé : Voyons pourquoi. c) explicitation du présupposé : une connaissance réelle = une connaissance claire et distincte La distance qui me sépare d'autrui n'est pas celle du « chacun ne pense que ce qu'il pense » : elle provient de la certitude que j'ai de mon être : cette certitude est supérieure à celle que je peux avoir de la pensée d'autrui. Ainsi, la connaissance d'autrui est difficile parce que, quelque soit la connaissance supposée que j'ai de lui, celle-ci sera toujours douteuse en comparaison de celle que j'ai de moi-même. Or connaître réellement un autre que soi implique que cet autre m'apparaisse avec un évidence indubitable ; ce qui n'est jamais le cas. Transition : · Si ma connaissance de l'autre ne peut jamais égaler celle que j'ai de moi-même, ne suis-je pas alors condamné à la solitude et à l'isolement ? Car, aussi bien lorsque je tente de me faire connaître ou lorsque autrui cherche à me faire savoir quelque chose de lui, nous sommes littéralement séparés. · Problème : si effectivement, on ne peut réellement connaître autrui, toute relation sociale est vaine ; comment annuler le doute que semble faire planer sur mes relations avec autrui la thèse cartésienne (et ouvrir ainsi la voie à la confiance]= enjeu) ? Est-il possible de minimiser l'altérité qui me sépare d'autrui ? 2- Je peux, en sympathisant avec l'autre, parvenir À le connaître réellement a) Critique des présupposés cartésiens Suivant la perspective cartésienne, la connaissance d'autrui est approximative, incertaine, parce qu'autrui est d'abord pensé comme corps, et comme un corps distinct de son intériorité, de sa conscience (pour Descartes, âme et corps sont 2 substances hétérogènes) ; ainsi, c'est bien cette distinction qui fait problème : ma relation à l'autre pouvant être schématisée ainsi : mon âme/mon corps-le corps d'autrui/son âme. C'est donc une distance matérielle qui m'empêche de connaître autrui réellement, c'est-à-dire de prendre connaissance de sa subjectivité, de sa pensée.
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Le corrigé du sujet " Puis-je réellement connaître autrui ?" a obtenu la note de : aucune note
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Remarques d’introduction :
- « Puis-je » renvoie à la question du possible ; or est possible 1) ce qui est réalisable c’est-à-dire ce que j’ai les moyens ou la capacité de faire 2) ce qui est permis, c’est-à-dire ce que j’ai le droit de faire.
- Ici la question du droit ne semble d’abord pas problématique : moralement, connaître autrui semble un devoir et non un interdit ; en effet, je ne saurais raisonnablement vivre entouré de personne que j’ignore, soit parce qu’elles me sont inconnues ou étrangères, soit parce que je fais comme si elles n’existait pas (ignorer quelqu’un ici = le « snober »,) ; autrement dit l’ignorance = état cognitif (le non-savoir) et une posture « éthique » (indifférence affichée) ; dans les deux cas, ne semble pas tenable ; il n’y a pas de sens à vouloir s’interdire de connaître autrui, de chercher à l’ignorer.
- La question du fait sera donc première : s’il est louable de vouloir connaître autrui, encore faut-il que cela soit possible. En effet, la difficulté vient de la définition même d’autrui : il n’est pas moi et réciproquement je ne suis pas l’autre.
- Ainsi, il semble qu’on ne dispose pas, a première vue, des moyens de connaître autrui « réellement » c’est-à-dire de savoir qui il est aussi bien que lui le sait.
- Cependant, on ne saurait pour autant éluder la question du droit car, en admettant même que je puisse réellement connaître autrui, cela ne revient-il pas à minimiser son altérité, et dans ce cas, manquer ce qui définit précisément autrui ?
Problématique : Alors que l’ignorance de l’autre paraît favoriser l’égoïsme (« le fait de ne penser qu’à soi et de ne considérer que soi », Pascal), et du même coup, m’isoler irrémédiablement, il semble que vouloir connaître autrui soit recommandé. Pourtant, est-ce là une chose facile ? Connaître autrui ne va pas de soi, car en effet, comment puis-je connaître réellement quelqu’un qui, par définition, est autre que moi ? Puis-je réellement connaître autrui, ou bien est-ce là un idéal irréalisable?
"Cette intimité qui me protège et me définit est un obstacle définitif à toute communication ... Seule la subjectivité est une existence véritable, mais elle est, par essence, incommunicable. Je suis tout seul et comme muré en moi-même -moins solitaire qu'isolé. Mon jardin secret est une prison." G. Berger, Du prochain au semblable.
"Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre." Sartre, L'existentialisme est un humanisme.
"Or, autrui serait devant moi un en-soi et cependant il existerait pour soi, il exigerait de moi pour être perçu une opération contradictoire, puisque je devrais à la fois le distinguer de moi-même, donc le situer dans le monde des objets; et le penser comme conscience, c'est à dire comme cette sorte d'être sans dehors et sans parties auquel je n'ai accès que parce qu'il est moi et parce que celui qui pense et celui qui est pensé se confondent en lui. Il n'y a donc pas de place pour autrui et pour une pluralité des conscience dans la pensée objective... mais, justement, nous avons appris à révoquer en doute la pensée objective." Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p.402
"La société moderne, sous l'impulsion de la technocratie fanatique, entreprend l'isolement de chacun, claustré dans son appartement, dans son automobile ou son bureau; à l'image du cosmonaute dans sa cabine spatiale..." F. George, Autopsie de Dieu, p.12, Julliard.
"Ainsi la connaissance que nous avons des autres hommes est fort sujette à l'erreur si nous n'en jugeons que par les sentiments que nous avons de nous-mêmes." Malebranche, De la recherche de la Vérité, Vrin, I. p.259.
"Par conséquent, à la façon dont nous regardons dans un miroir quand nous voulons voir notre visage, quand nous voulons apprendre à nous connaître, c'est en tournant nos regards vers notre ami que nous pourrions nous découvrir, puisqu'un ami est un autre soi même." Aristote.
"Celui qui ne se soucie aucunement d'autrui, qui pense n'en avoir nul besoin ou en est effectivement privé... demeure dans son être sur le mode de l'être-avec-autrui." Heidegger, L'Être et le Temps.
"De même que le philosophe qui s'enferme d'abord dans la pensée ne trouvera jamais une porte vers l'être, de même celui qui s'enferme d'abord dans le moi ne trouve jamais le chemin vers autrui." E. Mounier, Le personnalisme. PUF p.39
"La sévérité de nos jugements sur les autres tient d'ordinaire à ce que nous prenons notre idéal pour notre pratique et leur pratique pour leur idéal. " M. Blondel, L'action, p.169.
"Entre autrui et moi-même il y a un néant de séparation. Ce néant ne tire pas son origine de moi-même, ni d'autrui, ni d'une relation réciproque d'autrui et de moi-même; mais il est, au contraire, originellement le fondement de toute relation entre autrui et moi." Sartre, L'Être et le Néant.
"La clef d'autrui est d'abord en nous mêmes, car nous ne faisons jamais que conjecturer autrui." Ch. Blondel, Psychographie de Proust, p.162
"Cette absence de l'autre est précisément sa présence comme autre." E. Levinas, De l'existence à l'existant, p.163.
"Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître c'est de chercher à comprendre autrui." André Gide.
"Il y a ... un objet culturel qui va jouer un rôle essentiel dans la perception d'autrui: c'est le langage. Dans l'expérience du dialogue, il se constitue entre autrui et moi un terrain commun... " Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p.407.
"Dans la vie des masses le rôle déterminant est joué par la contagion et l'imitation. Le moi sort de son état de solitude mais par la perte de soi. " Berdiaev, Cinquième méditation sur l'existence, Aubier Montaigne 1936.
"C'est par l'intime même de son être que le Dasein est en sollicitude de son prochain. La sollicitude est un existential, un mode d'être constitutif de l' ek-sistence." Corves, La philosophie de Heidegger p.33.
"L'âme ne peut dialoguer avec elle-même que si elle a pu accueillir l'autre, que si l'autre est déjà en elle." J. Lacroix, Le sens du dialogue.
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