De quel monde nous parle l'art ? *
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Aperçu du corrigé : De quel monde nous parle l'art ?
Analyse du sujet :
L'art dans son sens moderne, autrefois désigné sous le terme de « Beaux-arts », définit l'activité humaine de production d'ouvrages à finalité non utile. La fin de l'art est esthétique, sensible, non pratique.
L'activité artistique consiste à s'inspirer d'une réalité, transformée par l'artiste au moyen d'une technique. L'oeuvre d'art est donc une RE présentation du monde réel, dans le sens d'une présentation nouvelle passée par le filtre de la perception de l'artiste et dépendante des moyens techniques dont il dispose.
Problématique :
Si l'art représente le monde, qu'il y parvienne adéquatement ou non, alors c'est bien le monde sensible qu'il nous donne à voir. Mais puisque ce monde est représenté différemment de sa réalité objective, peut-on vraiment parler d'une représentation du monde sensible réel ? Ne peut-on penser que l'art nous parle d'un autre monde, un monde plus vrai peut-être que le monde réel lui-même ?
Il y a des hommes qui savent imiter les trilles du rossignol, et Kant a dit à ce propos que, dès que nous nous apercevons que c'est un homme qui chante ainsi, et non un rossignol, nous trouvons ce chant insipide. Nous y voyons un simple artifice, non une libre production de la nature ou une oeuvre d'art. Le chant du rossignol nous réjouit naturellement, parce que nous entendons un animal, dans son inconscience naturelle, émettre des sons qui ressemblent à l'expression de sentiments humains. Ce qui nous réjouit donc ici, c'est l'imitation de l'humain par la nature. HEGEL L'art nous parle du monde sensible, donc du monde réel qu'il nous permet d'appréhender d'une manière non rationnelle, intellectuelle ; il nous donne donc à voir le monde sensible réel, d'un oeil nouveau. Ainsi, on peut dire d'après Merleau Ponty que le peintre nous permet, en déformant la réalité, de mieux appréhender le monde sensible qu'il nous donne à percevoir à travers des filtres dont nous n'avons pas l'habitude. Il mobilise notre sensibilité d'une manière qui diffère de nos habitudes. Le monde du peintre est un monde visible, rien que visible, un monde presque fou, puisqu'il est complet n'étant cependant que partiel. La peinture réveille, porte à sa dernière puissance un délire qui est la vision même, puisque voir c'est avoir à distance, et que la peinture étend cette bizarre possession à tous les aspects de l'Être, qui doivent de quelque façon se faire visibles pour entrer en elle. Quand le jeune Berenson parlait, à propos de la peinture italienne, d'une évocation des valeurs tactiles, il ne pouvait guère se tromper davantage : la peinture n'évoque rien, et notamment pas le tactile.
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