Quelle différence il y a-t-il entre exister comme personne et exister comme chose ?
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Aperçu du corrigé : Quelle différence il y a-t-il entre exister comme personne et exister comme chose ?
Contester la possibilité de distinguer l’existence de la personne et celle des choses revient à empêcher toute constitution d’une responsabilité juridique et morale. Mais sur quoi repose une telle distinction ? Quelle différence y a-t-il entre exister comme personne et exister comme chose ? Cette différence est-elle seulement postulée et ne vise-t-elle rien d’autre qu’à rendre l’homme coupable et dépendant des moralistes, comme le pense
Nietzsche ? Ou alors est-ce une différence réelle (métaphysiquement fondée) ? Auquel cas quel type d’intelligibilité de ces deux types d’existence est possible ? Que peut-on connaître de l’existence d’une personne ? Celle-ci n’est-elle pas vouée au mystère à moins de la rapporter, comme le font les cognitivistes matérialistes contemporains, à l’existence d’une chose ?
Il en va tout autrement de la personne : elle est res cogitans : j'existe, je sais que je suis un être particulier (une personne donc - quoique Descartes n'emploie pas explicitement ce terme) parce que je pense. L'existence de la personne est donc métaphysiquement fondée sur sa pensée. Ainsi les choses ne pensent pas ; leur existence est purement matérielle. Transition : - L'identité ou ce qui fonde la personnalité repose donc sur la conscience ; à l'inverse, les choses existent sans conscience et ne sont pas à l'origine de leur mouvement. - Toutefois, cette différence ontologique et métaphysique est loin d'aller de soi : elle implique que la personne soit irréductible à son corps. Or en tant qu'être incarnée, elle existe aussi en tant qu'objet : le corps, comme tel, est dépourvu de conscience et de pensée. 2- Une différence épistémologique : l'existence de la personne n'est pas explicable comme l'est celle des choses a) L'existence de la personne comme fondement de l'imputabilité des actions Telle est la question à laquelle répond Kant : après avoir distingué l'être du phénomène de celui de la chose en soi (seul le premier est connaissable), Kant se demande si l'impossibilité de connaître l'être en soi (ce qui outre passe l'expérience possible) ne conduit pas à la ruine de la morale. Aussi propose-t-il, à travers d'un exemple, de montrer en quoi l'absence de détermination empiriques permettant de connaître la personne n'a pas valeur d'argument face à la nécessité de la morale : comment rendre compte d'un mensonge pernicieux ? (voir Critique de la raison pure, 3ème antinomie de la raison pure). Il y a 2 façons d'en rendre compte : 1) on met en avant les déterminations empiriques, c'est-à-dire la chaîne des causes et des effets qui ont provoqué le mensonge (« mauvaise éducation », « société pernicieuse », « causes circonstancielles », « méchanceté d'un naturel insensible à la honte ») 2) on fait valoir la « spontanéité absolue de la liberté ».
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