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Définitions des termes :
- machine : Du grec, mèchané, « ruse ». Traditionnellement, la machine est considérée comme une ruse contre la nature. Elle sert de modèle à la science et notamment à la physique. La nature entière peut ainsi être considérée comme une machine dont il s'agit de percer les rouages.
- homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des hominidés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
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Le corrigé du sujet "Quelle différence entre une machine qui calcule et un homme qui pense ?" a obtenu la note de : aucune note
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Ici on vous interroge sur une identité entre penser et calculer. Calculer, c'est avant tout pratiquer une action arithmétique au moyen de nombres et d'opérateurs. Mais calculer, c'est aussi estimer un effet probable, se protéger dans un avenir plus ou moins proche pour examiner les conséquences possibles de nos actions. D'où plusieurs difficultés : peut-on tout ramener à des nombres et à des unités ? faut-il n'agir qu'en vue d'une conséquence définie et déterminée que l'on cherche à provoquer ? Or penser, c'est peut-être se placer et en dehors de l'unité (pour penser ce qui est particulier, singulier et qui ne peut pas se prêter à des opérations mathématiques) et en dehors du seul souci de l'efficacité technique. Ainsi réduire la pensée au calcul, n'est-ce pas appauvrir la pensée ? Mais en même temps, penser, c'est aussi abstraire, faire intervenir le général, surtout lorsque la raison (de " ratio " qui signifie justement calcul) se sert du langage et des concepts. Il faut donc voir que le calcul est un mode particulier de la pensée mais qui ne l'épuise pas, car bon nombre de nos pensées ne sont pas calculées. A vous de montrer lesquelles.
« L'appel aux idées n'est pas toujours sans danger, et beaucoup d'auteurs abusent du prestige de ce terme pour donner du poids à certaines de leurs imaginations ; car nous ne possédons pas l'idée d'une chose du fait que nous avons conscience d'y penser, comme je l'ai montré plus haut par l'exemple de la plus grande des vitesses. Je vois aussi que de nos jours les hommes n'abusent pas moins de ce principe si souvent vanté : « tout ce que je conçois clairement et distinctement d'une chose est vrai et peut être affirmé de cette chose ». Car souvent les hommes, jugeant à la légère, trouvent clair et distinct ce qui est obscur et confus. Cet axiome est donc inutile si l'on n'y ajoute pas les CRITERES du clair et du distinct [...] , et si la vérité des idées n'est pas préalablement établies. D'ailleurs, les règles de la LOGIQUE VULGAIRE, desquelles se servent aussi les géomètres, constituent des critères nullement méprisables de la vérité des assertions, à savoir qu'il ne faut rien admettre o certain qui n'ait été prouvé par une expérience exacte ou une démonstration solide. Or une démonstration est solide lorsqu'elle respecte la forme prescrite par la logique ; non cependant qu'il soit toujours besoin de syllogismes disposés selon l'ordre classique [...] mais il faut du moins que la conclusion soit obtenue en vertu de la forme. D'une telle argumentation conçue en bonne et due forme, tout calcul fait selon les règles fournit un bon exemple. Ainsi, il ne faut omettre aucune prémisse nécessaire, et toutes les prémisses doivent ou bien être démontrées préalablement, ou bien n'être admises que comme hypothèses, et dans ce cas la conclusion aussi n'est qu'hypothétique. Ceux qui suivront ces règles avec soin se garderont facilement des idées trompeuses. » Leibniz.
« La Raison n'est que le calcul (c'est-à-dire l'addition et la soustraction) des conséquences des dénominations générales dont nous avons convenu pour noter et signifier nos pensées. » Hobbes, Léviathan, 1651.
« La rationalité est de plus en plus assimilée "more mathematico" à la faculté de quantifier. Aussi justement que cela rende compte du primat d'une science de la nature triomphante, aussi peu cela réside-t-il dans le concept de la ratio en soi. » Adorno, Dialectique négative, 1966.
On n'a que trop tendance à réduire, more mathematico, « suivant la tradition mathématique » la raison à la raison mathématique, qui porte non sur les qualités, mais sur les quantités. Or, d'après Adorno, le concept de ratio (« raison» en latin) s'applique d'abord à nos jugements, à nos actions, à nos oeuvres d'art — lesquels ne sont guère quantifiables.
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