Quelles relations y a-t-il entre le doute et la croyance ?
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Au sens le plus général, la croyance est l’équivalent de l’opinion, et désigne un assentiment imparfait, qui, comme l’opinion, comporte tous les degrés de probabilité. Ce n’est qu’avec
Kant que la croyance en vient à désigner un assentiment parfait (puisqu’il exclut le doute), sans cependant avoir le caractère intellectuel et logiquement communicable du savoir : « Lorsque l’assentiment n’est suffisant qu’au point de vue subjectif, et qu’il est tenu pour insuffisant au point de vue objectif, on l’appelle croyance » (Critique de la raison pure). La croyance est le plus souvent opposée au savoir, à la vérité, puisqu’elle fait état d’une adhésion plus ou moins hasardeuse à quelque objet de pensée. Mais on constate que la croyance est inhérente à l’homme, et qu’elle le pousse toujours à agir ou à penser de telle ou telle manière. Peut-on voir dans la croyance la seule vérité que l’homme puisse prétendre ?
La croyance se situe ainsi, dans le « paradigme de la ligne » (République, L. VI, 509-511), dans le domaine visible, et non intelligible. Les objets matériels donnent lieu à une représentation plus précise (croyance) certes, que leur image (imagination), mais elle reste vouée à donner au sujet une connaissance ontologique faible et douteuse. La vérité n'est possible que par l'intelligence, seule capable de contempler les Idées, principes de toutes réalités. D'où aussi les critiques fameuses de Platon adressées aux sophistes, ces marchands de savoirs, qui considéraient que la vérité n'est pas une, mais qu'elle est relative selon le point de vue de chacun : ainsi Protagoras affirmait que « l'homme est mesure de toutes choses », à la différence de Platon pour qui c'est Dieu. III. la réhabilitation de la croyance : Montaigne. a. Montaigne montre dans ses Essais que vouloir saisir l'être, c'est comme vouloir empoigner de l'eau. La raison n'est pas un honorable refuge, d'où une déconstruction de l'homme et de ses prétendues facultés, c'est ce qu'appelle Montaigne « la vanité et dénéantise de l'homme ».
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