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Qui suis-je, moi qui dis "je" ?

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Sujet : Qui suis-je, moi qui dis "je" ?

Aperçu du corrigé : Qui suis-je, moi qui dis "je" ?



Publié le : 1/9/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

Qui suis-je, moi qui dis
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Qui suis-je, moi qui dis "je" ?



Je peux douter de tout, mais je ne peux douter que j'existe, moi qui doute. J'accède ainsi à la conscience de moi comme existant et à la connaissance de moi comme pur pouvoir de penser. Et il me semble que je suis maître de mes pensées et donc de mes discours. J'ai aussi le pouvoir de dire "je", cad de me saisir soi-même., par un retour sur moi, comme sujet conscient et un, qui reste identique à lui-même malgré la diversité des expériences vécues et des affects. Il me semble donc bien que moi qui dis "je", je suis une conscience souveraine, une personne autonome, distincte d'autrui et du monde. Mais, suis-je vraiment ce que j'ai conscience d'être ? Ma conscience est-elle bien la cause première de mes pensées et de mes actions ? La découverte par Freud de l'inconscient met définitivement fin à l'illusion que je suis celui que je crois être quand je dis "je". L'inconscient me découvre que je suis autre. Il y a au-delà de la conscience claire une instance où règnent les représentations psychiques de pulsions sexuelles et agressives. A la dépendance à l'égard du langage et de la société. Les mots sont déjà là avant que je naisse et c'est en eux, dans l'esprit d'une langue particulière, que ma pensée personnelle se forme. Est-ce bien moi qui parle quand je dis "je" ou bien, à travers moi, la société, la culture ?


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    Problématique

    Je suis autre que ce que je crois être.

    Je peux douter de tout, mais je ne peux douter que j'existe, moi qui doute. J'accède ainsi à la conscience de moi comme existant et à la connaissance de moi comme pur pouvoir de penser. Et il me semble que je suis maître de mes pensées et donc de mes discours. J'ai aussi le pouvoir de dire "je", cad de me saisir soi-même., par un retour sur moi, comme sujet conscient et un, qui reste identique à lui-même malgré la diversité des expériences vécues et des affects. Il me semble donc bien que moi qui dis "je", je suis une conscience souveraine, une personne autonome, distincte d'autrui et du monde. Mais, suis-je vraiment ce que j'ai conscience d'être ? Ma conscience est-elle bien la cause première de mes pensées et de mes actions ? La découverte par Freud de l'inconscient met définitivement fin à l'illusion que je suis celui que je crois être quand je dis "je". L'inconscient me découvre que je suis autre. Il y a au-delà de la conscience claire une instance où règnent les représentations psychiques de pulsions sexuelles et agressives. A la dépendance à l'égard du langage et de la société. Les mots sont déjà là avant que je naisse et c'est en eux, dans l'esprit d'une langue particulière, que ma pensée personnelle se forme. Est-ce bien moi qui parle quand je dis "je" ou bien, à travers moi, la société, la culture ?

    Un devenir possible vers le "je".

    Je ne suis donc pas celui que je crois être. Si j'ai conscience de mes sentiments, de mes désirs, de mes actions, j'en ignore la source et je leur attribue une signification le plus souvent erronée. Je crois penser, mais je suis pensé, je crois agir, mais je suis agi. C'est aussi ce que Rimbaud nous dit: "C'est faux de dire: je pense; on devrait dire on me pense. Pardon du jeu de mots: je est un autre". Si je ne suis pas celui que je crois être, je peux toutefois en prendre conscience et m'efforcer d'accéder, par la connaissance de ce qui me détermine, à une certaine vérité sur moi. C'est ce que Freud a exprimé dans une formule célèbre qui indique le but de la cure psychanalytique: "Où était ça, je doit devenir". Ce qu'on pourrait traduire, avec Lacan, ainsi: "Là où fut ça, il me faut advenir". Il y a donc de ce lieu où ça était, un devenir possible vers le Je, vers la personne.



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