A quoi reconnaît-on la vérité ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : A quoi reconnaît-on la vérité ?
La vérité, c'est l’accord de la pensée et de la réalité. Si par exemple je pense que l’eau bout à 100° et que l’eau se trouve vraiment bouillir à 100°, je peux dire que je suis dans la vérité, tandis que si elle bout à 99° ou 50°, ma pensée n’étant pas conforme à la réalité, je suis dans l’erreur. Le critère qui nous permet de reconnaître la vérité semble donc être tout simplement la confrontation avec la réalité : il faudrait que je vérifie ce que je crois être vrai en faisant des observations ou des expérimentations.
Pourtant, nous ne sommes pas toujours en mesure de faire cette vérification. Si quelqu’un nous dit qu’en altitude, l’eau bout à 90° et non à 100°, il n'est pas sûr que nous puissions aller à la montagne et procéder nous-même à cette vérification. Existe-t-il des critères de vérité indépendamment de l’expérience ? N’ai-je pas d’autres moyens de procéder à cette vérification que l’expérimentation ? On pourrait en effet considérer que si la pensée doit être conforme à la réalité pour être vraie, il n’en reste pas moins que l’on peut dire qu’à l’intérieur même de la pensée, il y a certains moyens de savoir si l’on pense vrai ou faux : la cohérence, la logique par exemple.
Reconnaître la vérité suppose-t-il que je me tourne vers la réalité, ou est-ce qu’un critère de vérité peut être attribué à mes seules pensées ?
la solution de Platon : le mythe de la reconnaissance Platon, pour sortir de cette aporie expose le mythe de la réminiscence : connaître, c'est toujours se souvenir, car en fait nos âmes, avant d'être jointes à notre corps ont pu contempler les Vérités éternelles, les Idées. C'est sur cela que repose la méthode socratique de la maïeutique, c'est-à-dire de l'art d'accoucher, c'est-à-dire de faire advenir ce qui est en fait déjà là, mais sous une autre forme. Par le dialogue, Socrate pose des questions et aide son interlocuteur à reconnaître la vérité. La reconnaissance de la vérité suppose donc ici une véritable reconnaissance de ce que l'on connaît déjà, mais sans le savoir. C. mais cette réponse est insatisfaisante : critique de la vérité comme « reconnaissance » Mais cette théorie de la vérité comme ce qui est reconnue peut poser problème : le fait même que la connaissance de la vérité soit toujours reconnaissance pose problème : Nietzsche (§ 355 du Gai Savoir) dit qu'il n'est pas anodin que la vérité pour nous soit quelque chose qu'on « reconnaisse » : le désir de reconnaître, c'est l'aspiration à la sécurité ; il est donc commandé par l'instinct de peur. Le fait que la vérité soit reconnue remet en question le statut de la vérité : si connaître, c'est ramener l'inconnu au connu, on tombe de nouveau dans un paradoxe, car le bien connu, c'est ce qui est en fait le moins connu (car chercher la vérité, c'est justement ne rien considérer comme allant de soi, c'est se défaire du préjugé). Transition : on ne peut donc faire de la reconnaissance en elle-même un critère de la vérité : la vérité ne peut être simplement définie comme ce qui se présente avec évidence, comme ce qui s'impose comme vérité. Mais alors, comment peut-on dire que quelque chose est vrai ? II.
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