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Sujet : En quoi rompre avec l'opinion fait-il progresser la vérité ?

Extrait du corrigé : Est-ce là le point de départ de la philosophie ? Est juste tout ce qui paraît tel à chacun. Et comment est-il possible que les opinions qui se contredisent soient justes ? Par conséquent, non pas toutes. Mais celles qui nous paraissent à nous justes ? Pourquoi à nous plutôt qu'aux Syriens, plutôt qu'aux Égyptiens ? Plutôt que celles qui paraissent telles à moi ou à un tel ? Pas plus les unes que les autres. Donc l'opinion de chacun n'est pas suffisante pour déterminer la vérité. »Platon, Le Banquet« Diotime - T'imagines-tu [.

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Définitions

  • avec : En compagnie de, en présence de.
  • opinion : Idée sans contenu démontré par la raison. L'opinion s'oppose, dans la philosophie platonicienne, à l'Idée. L'opinion renvoie au particulier, l'Idée à l'universel. Un jugement de goût relève de l'opinion. Définir ce qu'est l'essence de la beauté relève de l'Idée. OPINION DROITE: Selon Platon, c'est une connaissance vraie mais non justifiée ni fondée pour celui qui l'émet.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • progresser : Evoluer du moins bien vers le mieux, (s') améliorer.
  • vérité : La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi le jugement : « ce cahier est vert » est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté qualifient donc non l'objet lui-même mais la valeur de mon assertion. La philosophie, parce qu'elle recherche la vérité, pose le problème de ses conditions d'accès et des critères du jugement vrai.

Problématique

L’opinion, en philosophie, a, depuis Platon, un sens précis : elle est un jugement que l’on prononce sur un sujet sans l’avoir vraiment fondé en raison, mais tout en lui donnant l’apparence d’un jugement valable – et c’est là que réside son danger ; souvent, ce jugement correspond à celui communément partagé par la foule – les gens que Platon nomme oi polloi, les nombreux. L’expression courante « donner son opinion », « avoir une opinion sur tel ou tel sujet », rejoint cette définition platonicienne : l’opinion désigne un simple avis que l’on exprime de manière rapide, sans forcément avoir fait l’effort de le penser réellement. Rompre avec l’opinion, c’est refuser d’émettre ou d’accepter de pareils jugements, au profit d’un réel effort de pensée.
Cette rupture est ici liée avec l’idée de progression de la vérité : cela sous-entend que l’opinion n’a pas de trait commun avec la vérité, qu’elle lui est même un obstacle. La formulation du sujet présuppose en effet cette opposition entre opinion et vérité comme acquise, puisqu’elle se contente de demander les modalités de manifestation d’une réalité (c’est ce qu’implique la question « en quoi ? »), sans remettre en question la justesse de cette position.
L’expression « faire progresser la vérité », enfin, envisage la vérité comme une construction en progrès (et non comme une révélation, par exemple), et place le sujet dans cet horizon précis de la recherche et de l’élaboration des discours vrais. En ce sens, le sujet a une portée épistémologique.



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