La recherche de la vérité exclut-elle, selon vous, toute croyance ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : La recherche de la vérité exclut-elle, selon vous, toute croyance ?
Est-il nécessaire à tout homme qui recherche la vérité d'envisager l'exclusion de certaines affirmations, de certaines pensées communément appelées croyances ? Qu'inclure dans le terme de croyance ? Est-il lié ou non à la recherche de la vérité ? Pourquoi la recherche de la vérité semble exclure, par définition, toute croyance ? En quoi la croyance, comme adhésion immédiate à une idée dans un jugement, est-elle contraire à cette recherche ? Quelle est en réalité la part de la croyance, s'il en est une, dans la recherche de la vérité ? Sous quelle forme apparaît cette croyance dans la recherche philosophique, par exemple, si ce n'est sous la forme du préjugé ? Ne peut-on, et ne doit-on pas distinguer différents types de croyances par rapport à la recherche de la vérité (préjugés, foi, intuition, croyance en la valeur de certains principes moraux ou métaphysiques) ? L'idée de recherche et de croyance ne sont-elles pas liées, au lieu de s'exclure ? Références utiles : Descartes, Discours de la méthode ; Heidegger, Questions I, " de l'essence de la vérité ".
Discussion :
La recherche de la vérité est selon la définition et l'image que les philosophes ont voulu en donner ce qui doit faire précisément abstraction de toute croyance. Il y a là la volonté de découvrir une vérité unique et universelle. Or s'il n'y a qu'une seule et unique vérité, on sait qu'il y a bien plusieurs croyances. Ainsi, puisque les croyances varient en fonction des cultures et des individus, elles ne peuvent que faire obstacle à la vérité en la rendant relative.
De ce point de vue, croyance et savoir sont foncièrement incompatibles : la raison est le seul critère du savoir ; le mystère et la foi celui de la croyance religieuse. B. L'exigence de raison Spinoza ajoute : la religion a besoin que ses fidèles ne puissent pas comprendre. En effet, seule l'ignorance des fidèles lui permet de se maintenir et d'assurer son emprise sur la foule : elle autorise à affirmer que Dieu a créé le monde, qu'il l'a créé pour que les hommes lui obéissent, etc. Selon Spinoza, le propre de la religion est alors de susciter la crainte : crainte de pécher, crainte d'être damné, etc. Cette crainte a pour but de maintenir le pouvoir spirituel de la hiérarchie religieuse.Il est clair qu'a contrario, l'idée d'une explication rationnelle des phénomènes naturels délivre de la croyance superstitieuse, de la crainte liée à l'ignorance, et joue un rôle libérateur. Ce rôle libérateur du savoir était déjà souligné par Épicure et Lucrèce6 : contre la superstition, contre la croyance aux esprits et contre la crainte qu'elles suscitent, il faut concevoir que tout phénomène naturel obéit à une cause. Il faut concevoir que tout a une explication : nous sommes ainsi délivrés de la crainte engendrée par l'ignorance. Conclusion Croyance et savoir restent donc incompatibles, car l'exigence même du savoir implique l'exclusion de la croyance.
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