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Sujet : La religion est-elle une compensation nécessaire ?

Définitions des termes :
  • religion : Étymologie discutée. Cicéron fait dériver le mot du latin relegere qui s'oppose à neglegere comme le soin et le respect s'opposent à la négligence et à l'indifférence. D'autres font dériver le mot de religare: La religion est avant tout le lien qui rattache l'homme à la divinité : «La religion consiste dans un sentiment absolu de notre dépendance.» (Schleiermacher). La religion c'est le sentiment que l'homme ne s'est pas donné lui-même l'existence, qu'il dépend d'un Être qui le dépasse infiniment. Sociologiquement, les religions sont les divers cultes organisés (avec leurs dogmes et leurs rites) pour rendre hommage à Dieu.
  • nécessaire : * Est nécessaire ce qui ne peut pas ne pas être, ou être autrement. S'oppose à contingent. * Sur le plan logique, est nécessaire ce qui est universellement vrai, sans remise en cause possible.

Extrait du corrigé : Contre la croyance religieuse, Freud veut nourrir une autre croyance : celle du progrès de l'esprit humain, devenant mature et susceptible d'autonomie, c'est-à-dire capable de se donner sa propre loi sans la médiation d'une transcendance ecclésiastique et/ou divine. Cette opposition de l'intelligence et de la religion n'est-elle pas toutefois trop simple ? Est-ce véritablement par faiblesse et manque d'intelligence que l'homme est religieux ? Bergson pense à l'inverse que s'il l'homme est religieux, c'est parce qu'il est intelligent. Il la définit de la façon suivante : la religion, « c'est la réaction défensive de la nature contre ce qu'il pourrait y avoir de déprimant pour l'individu, et de dissolvant pour la société, dans l'exercice de l'intelligence. » Ainsi explique-t-il que notre imagination nous conduit à concevoir des représentations religieuses auxquelles nous croyons afin de ne pas désespérer de ce que notre intelligence nous permet de savoir : que nous sommes mortels, que la réussite de notre action n'est pas assurée (d'où l'invocation de la chance, par exemple), que nous pouvons « dévier de la ligne sociale » comme il le dit, c'est-à-dire céder à des préoccupations égoïstes au détriment de l'intérêt général, à la différence de ce que connaissent les sociétés animales. L'affaissement des grandes religions traditionnelles ne doit pas, de ce point de vue, nous tromper ; à leur place prolifèrent une infinité de superstitions et croyances diverses qui, toutes, visent à remplir cette fonction proprement religieuse. Bergson souligne ce paradoxe : « il n'y a de superstitieux que les êtres intelligents. » La religion apparaît dès lors, sous une forme ou sous une autre, comme une donnée invariable de l'humanité. CITATIONS: « Le fondement de la critique irréligieuse est : c'est l'homme qui fait la religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme.

La religion est-elle une compensation nécessaire ?

Corrigé : La religion est-elle une compensation nécessaire ?
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