La religion est-elle une illusion rassurante ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : La religion est-elle une illusion rassurante ?
Le mot religion vient du latin « religare » : ce détour par l’étymologie nous permet de voir que le propre de la religion est d’être une institution sociale dont l’une des fonctions est de « relier » les hommes (c’est le sens du verbe religare). Elle ne les relie pas comme le ferait une quelconque association d’individus mais dans le sentiment de l’existence d’une réalité surnaturelle, dépassant les hommes. Cette réalité est celle de la divinité, entendue (pour le dire avec une abstraction suffisante pour englober toutes les manifestations précises de cette idée) comme une force surnaturelle, infiniment sage et puissante, présidant aux destinées de l’homme et de l’univers.
Le terme « illusion » désigne tout ce qui a trait à l’erreur. Ainsi, une illusion est une interprétation erronée d’une donnée sensorielle, comme c’est le cas d’un mirage qui surgit dans le désert. Mais une illusion, c’est aussi une erreur de l’esprit, une croyance fausse et erronée.
Quelque chose de rassurant est quelque chose qui nous délivre d’une crainte, en faisant disparaître soit l’objet de notre peur, soit la raison qui nous le rendait redoutable.
Si nous disons que la religion est une illusion rassurante, alors nous prétendons qu’elle est une erreur, des sens ou de la raison, capable de nous délivrer des craintes de l’après vie, notamment. Cependant, un problème peut se poser à nous à l’analyse de ce sujet : comment une illusion, à savoir quelque chose de non réel, d’inconsistant, de faux, peut-elle nous délivrer efficacement d’une crainte ? Il semble que pour nous rassurer, une chose doit a minima exister pour être à même de nous délivrer de nos peurs. Ce problème nous permet donc de faire surgir la question qui sera au centre de notre réflexion : peut-on dire que la religion est une illusion rassurante, dans la mesure où l’illusion et la capacité à rassurer semblent être antinomiques ?
En cherchant des réponses à ces questions, il nous faudra sans cesse rapporter la foi à l'expérience religieuse : son objet (Dieu, le divin) et ses manifestations (culte, choix éthiques). Ayant accompagné le surgissement de la foi et déterminé son fondement, nous serons à même de la comparer aux exigences de la raison, aux critères du savoir vrai et du savoir incertain. Nous pourrons ainsi la rapporter au tout de l'homme, à sa condition existentielle, et mesurer le sens du choix religieux. Proposition de plan I Dans quel rapport la religion nous fait-elle entrer avec son objet? Emile DURKHEIM Cours sur les origines de la vie religieuse « La notion de faits religieux suppose à sa base une classification des choses en deux groupes : le sacré et le profane. Mais comment définir le sacré ? Est-ce par le caractère de supériorité, de dignité exceptionnelle des choses sacrées ? Nullement ; car tous les êtres sacrés ne sont pas également respectables ni respectés ; le nègre ne se gêne pas pour battre son fétiche, et certaines peuplades sauvages usent de procédés violents pour obtenir du dieu ce qu'ils lui demandent. - En fait, le sacré ne se définit que par son opposition avec le profane cette opposition est, en effet, d'un genre tout particulier elle est absolue et telle qu'aucune autre ne peut lui être comparée. Cette hétérogénéité radicale se traduit par des signes spéciaux : parce que nous sommes habitués à concevoir dans notre esprit un vide logique entre le sacré et le profane, nous éprouvons une insurmontable répugnance à penser qu'ils puissent se trouver en contact d'une manière quelconque ; et de là résulte toute la série des interdictions de contact direct entre eux, ces interdictions s'étendant plus ou moins loin selon l'intensité du caractère sacré des choses que l'on considère : interdiction du contact matériel, du contact par le regard, ou par la parole (silence religieux) ; interdiction de les mêler dans le temps, ou même de les rapprocher par la pensée .
Corrigé de 5592 mots (soit 8 pages) directement accessible
» VOIR LE DETAIL
Le corrigé du sujet " La religion est-elle une illusion rassurante ?" a obtenu la note de : aucune note
La religion est-elle une illusion rassurante ?