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Sujet : La religion peut-elle servir de fondement à l'Etat ?

Définitions des termes :
  • religion : Étymologie discutée. Cicéron fait dériver le mot du latin relegere qui s'oppose à neglegere comme le soin et le respect s'opposent à la négligence et à l'indifférence. D'autres font dériver le mot de religare: La religion est avant tout le lien qui rattache l'homme à la divinité : «La religion consiste dans un sentiment absolu de notre dépendance.» (Schleiermacher). La religion c'est le sentiment que l'homme ne s'est pas donné lui-même l'existence, qu'il dépend d'un Être qui le dépasse infiniment. Sociologiquement, les religions sont les divers cultes organisés (avec leurs dogmes et leurs rites) pour rendre hommage à Dieu.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • fondement : a) Ce sur quoi repose "en droit" une certaine connaissance. Qui sert de base à un édifice conceptuel. Synonyme de principe. b) Ce qui donne à quelque chose sa justification, sa légitimité.
  • état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.

Extrait du corrigé : ● Le politique doit au contraire être purement politique, c'est-à-dire ne rendre en compte aucun autre domaine que lui-même. C'est ce qu'explique Machiavel dans Le Prince. En effet selon lui, celui qui est appelé à gouverner doit connaître quelques principes de base, et parmi eux, celui selon lequel aucune considération extérieure ne doit venir entraver l'action du prince. L'action politique ne doit être que politique, et surtout pas teintée de morale ou de religion ; le politique est conçu pour lui-même. « Il [le prince] est souvent obligé, pour maintenir l'Etat, d'agir contre l'humanité, contre la charité, contre la religion même. » XVIII ● Les qualités du rince doivent donc être en décalage par rapport aux qualités ordinaires de l'humanité. La politique requiert la loi et la force, ce sont deux manières de combattre qui doivent correspondre à une double nature du prince, mi-homme mi-bête. Le prince est amoral, mais il doit donner de lui une image à coloration morale : le registre du politique est celui du paraître. L'apparence importe beaucoup, et il faut donc qu'on croit le prince bon, doux, sincère, et surtout religieux, peu importe si c'est vrai, ce qui compte c'est le résultat auquel il parviendra : conserver la vie de l'Etat. è La religion ne peut donc absolument pas servir de fondement à l'Etat, puisque le politique ne doit se mêler avec rien d'autre que lui-même.

	La religion peut-elle servir de fondement à l'Etat 	?

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Définitions

  • religion : Étymologie discutée. Cicéron fait dériver le mot du latin relegere qui s'oppose à neglegere comme le soin et le respect s'opposent à la négligence et à l'indifférence. D'autres font dériver le mot de religare: La religion est avant tout le lien qui rattache l'homme à la divinité : «La religion consiste dans un sentiment absolu de notre dépendance.» (Schleiermacher). La religion c'est le sentiment que l'homme ne s'est pas donné lui-même l'existence, qu'il dépend d'un Être qui le dépasse infiniment. Sociologiquement, les religions sont les divers cultes organisés (avec leurs dogmes et leurs rites) pour rendre hommage à Dieu.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • fondement : a) Ce sur quoi repose "en droit" une certaine connaissance. Qui sert de base à un édifice conceptuel. Synonyme de principe. b) Ce qui donne à quelque chose sa justification, sa légitimité.
  • état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.

Problématique

Bien définir les termes du sujet :

- « La religion » : se caractérise par une croyance en un dieu liée ou non à un culte. Le sujet pose vis-à-vis la religion et l’Etat, et de ce fait, la religion dont il est question n’est pas une religion individuelle  qui implique un rapport direct du croyant à Dieu. Il s’agit plutôt de la religion vue comme institution sociale, ayant pour but de rendre à Dieu un hommage réglé par une liturgie, des cérémonies et des rites définis. Cette institution comporte une hiérarchie qui assure la constance d’un ensemble de dogmes reconnus par les « fidèles ».

- « Etat » : c’est un ensemble organisé d’institutions, sous un gouvernement autonome et sur un territoire indépendant. Il est artificiel, c’est-à-dire qu’il a été créé par l’homme (=on n’en trouve pas d’exemple dans la nature) pour permettre le rassemblement des individus. Il garantit une coexistence pacifique, en légiférant les rapports entre les individus. 

- « Fondement » : C’est ce qui donne à quelque chose sa raison d’être ou son existence. C’est aussi ce qui est à son origine, ce qui justifie son existence.  

Construction de la problématique :

            Il semble possible de répondre à la question en observant simplement le cours de l’Histoire. En effet, depuis 1905 une loi sépare les Eglises de l’Etat, ce qui auparavant n’était pas le cas, puisque la vie politique des Grecs par exemple était rythmée par le religieux. Si ce n’est plus le cas aujourd’hui c’est parce que la manière dont est perçu l’Etat est différente, et que ce dernier ne s’y prête plus. 

            Se pose donc la question de savoir dans quel cas et pour quelles raisons la religion peut servir de fondement à l’Etat, si cela est réellement possible, et légitime.

 



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