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Rencontre à la cour. La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette

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Rencontre à la cour. La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette

Littérature

Aperçu du corrigé : Rencontre à la cour. La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette



Publié le : 6/7/2010 -Format: Document en format FLASH protégé

Rencontre à la cour. La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette
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Nous sommes au 16ème siècle, à la cour de Henri II et Catherine de Médicis. Un bal est donné pour les fiançailles de la Dauphine, Marie Stuart avec l’héritier du trône. Le Prince et la Princesse de Clèves y sont conviés. Cette dernière, âgée de seize ans et demi, est réputée pour sa grande vertu et sa fidélité à un mari plus âgé qu’elle n’aime pas. Au bal, elle va rencontrer le Duc de Nemours, un brillant gentilhomme dont les conquêtes amoureuses ne se comptent plus et qui est sur le point d’épouser la reine d’Angleterre…



Elle avait ouï parler de ce prince à tout le monde comme de ce qu’il y avait de mieux fait et de plus agréable à la cour ; et surtout Mme la dauphine¹ le lui avait dépeint d’une sorte et lui en avait parlé tant de fois qu’elle lui avait donné de la curiosité, et même de l’impatience de le voir.

Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir du bal et au festin royal qui se faisait au Louvre. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure ; le bal commença et, comme elle dansait avec M. de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu’un qui entrait et à qui on faisait place. Mme de Clèves acheva de danser et, pendant qu’elle cherchait des yeux quelqu’un qu’elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna et vit un homme qu’elle crut d’abord² ne pouvoir être que M. de Nemours, qui passait par-dessus quelques sièges pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il était difficile de n’être pas surprise³ de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de se parer augmentait encore l’air brillant qui était dans sa personne ; mais il était difficile aussi de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement.

M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit sa révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini sans leur donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et s’ils ne s’en doutaient point.

- Pour moi, madame, dit M. de Nemours, je n’ai pas d’incertitude ; mais comme Mme de Clèves n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom.

-    Je crois, dit Mme la dauphine, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien.

-    Je vous assure, madame, reprit Mme de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez.

-    Vous devinez fort bien, répondit Mme la dauphine, et il y a même quelque chose d’obligeant pour M. de Nemours à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez dans l’avoir jamais vu.

La reine les interrompit pour faire continuer le bal ; M. de Nemours prit la reine dauphine. Cette princesse était d’une parfaite beauté et avait parut telle aux yeux de M. de Nemours avant qu’il allât en Flandre ; mais, de tout le soir, il ne put admirer que Mme de Clèves.

Le chevalier de Guise, qui l’adorait toujours, était à ses pieds, et ce qui venait de se passer lui avait donné une douleur sensible. Il le prit comme un présage que la fortune destinait M. de Nemours à être amoureux de Mme de Clèves ; et, soit qu’en effet il eût paru quelque trouble sur son visage, ou que la jalousie fit voir au chevalier de Guise au-delà de la vérité, il crut qu’elle avait été touchée de la vue de ce prince, et il ne put s’empêcher de lui dire que M. de Nemours était bien heureux de commencer à être connu d’elle par une aventure qui avait quelque chose de galant et d’extraordinaire.

Mme de Clèves revint chez elle, l’esprit si rempli de tout ce qui s’était passé au bal que, quoiqu’il fût fort tard, elle alla dans la chambre de sa mère pour lui en rendre compte ; et elle lui loua M. de Nemours avec un certain air qui donna à Mme de Chartres la même pensée qu’avait eue le chevalier de Guise.

Le lendemain, la cérémonie des noces se fit. Mme de Clèves y vit le duc de Nemours avec une mine et une grâce si admirables qu’elle en fut encore plus surprise.

Les jours suivants, elle le vit chez la reine dauphine, elle le vit jouer à la paume avec le roi, elle le vit courre la bague, elle l’entendit parler ; mais elle le vit toujours surpasser de si loin tous les autres et se rendre tellement maître de la conversation dans tous les lieux où il était, par l’air de sa personne et par l’agrément de son esprit, qu’il fit, en peu de temps, une grande impression dans son cœur.


 

 

Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves, Première partie.




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Problématique

Comme dans Racine, le grand pouvoir de la jalousie destructive commence à naitre. Il commence à devenir très suspicieux pour découvrir l'amant de sa femme. Cependant nous remarquons qu'il reste tout de même noble dans ses actions ; et qu'après avoir blesse sa femme, il s'excuse platement « vous avez raison, madame, reprit-il, je suis injuste; refusez moi toutes les fois que je vous demanderai de pareilles choses, mais ne vous offensez pourtant pas si je vous le demande ». Il demeurera seulement spectateur de cette relation entre Nemours et Madame de Clèves. 2. Une mort par amour Etant devenu très méfiant et s'imaginant le pire, Monsieur de Clèves meurt par amour, ne voulant pas voir sa femme avec un autre. Ceci illustre le personnage tragique qu'incarne Monsieur de Clèves.

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Plan détaillé

Textes / Ouvrages de référence

Citations

Elle alla donc au Louvre et chez la reine Dauphine à son ordinaire; mais elle évitait la présence et les yeux de M. de Nemours (...)., MËmËe DE LAFAYETTE, la Princesse de Clèves, t. III, p. 340.

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(...) il fallait employer le pouvoir que cette princesse avait sur lui pour l'engager à servir MËlËlËe de Chartres auprès du roi (...), MËmËe DE LA FAYETTE, la Princesse de Clèves, I, p. 254.

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L'embarras où il voyait MËmËe de Clèves par sa faute, et la pensée du juste sujet qu'il lui donnait de le haïr, lui causa un saisissement qui ne lui permit pas de répondre. MËmËe la Dauphine voyant à quel point il était interdit (...), MËmËe DE LA FAYETTE, la Princesse de Clèves, III.

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MËmËe de Clèves s'était bien doutée que ce prince s'était aperçu de la sensibilité qu'elle avait eue pour lui (...) Ce lui était une grande douleur de voir qu'elle n'était plus maîtresse de cacher ses sentiments et de les avoir laissés paraître au chevalier de Guise., MËmËe DE LA FAYETTE, la Princesse de Clèves, II.

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(...) M. de Lafayette, avec ses trente et quelques mille hommes de garde nationale, avec sa police militaire et municipale, avec les ressources de l'Hôtel de Ville, avec celles de la cour (...) Lafayette, dis-je, avec tant de ressources diverses, ne pouvait rien à cela., MICHELET, Hist. de la Révolution franç., IV, IV.

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(...) peu de femmes lui étaient agréables; et, excepté quelques-unes, qui avaient sa familiarité et sa confiance, et dont l'humeur avait du rapport avec la sienne, elle n'en recevait chez elle que les jours où elle prenait plaisir à avoir une cour comme celle de la reine., MËmËe DE LA FAYETTE, la Princesse de Clèves, t. I, p. 252.

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Le lendemain, cette princesse, qui cherchait des occupations conformes à l'état où elle était, alla proche de chez elle voir un homme qui faisait des ouvrages de soie d'une façon particulière (...), MËmËe DE LA FAYETTE, la Princesse de Clèves, t. IV, p. 378.

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Les articles furent conclus; on parla au roi, et ce mariage fut su de tout le monde., MËmËe DE LA FAYETTE, la Princesse de Clèves, t. I, p. 258.

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Le roi ne survécut guère le prince son fils; il mourut deux ans après., MËmËe DE LA FAYETTE, la Princesse de Clèves, I.

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