Le respect d'autrui exclut-il toute passion ?
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Publié le : 5/11/2005 -Format:
- respect : Sentiment éprouvé face à une valeur jugée éminente ou absolue, et qui conduit à s'interdire tout ce qui pourrait lui porter atteinte. Le respect est, selon Kant, le seul mobile subjectif possible de l'action morale désintéressée, c'est-à-dire d'une action déterminée objectivement par la seule représentation de la loi ( ou impératif catégorique). Le respect est alors ce que l'on doit à autrui en tant que personne morale.
- autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
- tout : La totalité sans exception.
- passion : * Ce que l'âme subit, ce qu'elle reçoit passivement. Chez Descartes, le mot désigne tout état affectif, tout ce que le corps fait subir à l'âme. Son origine n'est pas rationnelle ni volontaire. * Inclination irrésistible et exclusive qui finit par dominer la volonté et la raison du sujet (la passion amoureuse).
Les hommes ont-ils un but, en se donnant des lois ? Sont-elles un moyen pour établir quelque chose ? Ont-elles été constituées en vue d'établir un Bien (vision antique), ou en vue de limiter l'emprise de chaque homme sur les autres ? Les hommes se donnent-ils des lois pour se contraindre ou pour être libres ? Le but est-il contractualiste, ou idéaliste ? Comment "les hommes" en général se sont-ils donnés (chacun à tous et tous à chacun) des lois en général, et dans quel but ? L'image sous-jacente est celle d'une assemblée d'êtres libres décidant librement de s'aliéner mutuellement pour protéger leur liberté. Le problème est qu'avant que les hommes ne se les donnent, les lois s'imposent aux hommes. Ne sont-elles pas naturelles, au lieu d'être leur création ? Il faut étudier cette intentionnalité suspecte que l'on plaque sur la vie politique : que révèle-t-elle ? À quoi/à qui sert-elle ? Peut-on la défendre comme un idéal en dépit de son caractère vraisemblablement idéologique ?
Références utiles : Montesquieu, L'Esprit des lois ; Rousseau, Du contrat social, I, chap. 6 ; Kant, Critique de la raison pratique, première partie, livre I.
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