Sans rapport a autrui, y aurait-il des passions ?
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Aperçu du corrigé : Sans rapport a autrui, y aurait-il des passions ?
Publié le : 27/2/2005 -Format:
- sans : A l'exclusion de, exprime l'absence.
- rapport : Sens 1 Produit, revenu. Synonyme revenu. Sens 2 Exposé, compte-rendu. Synonyme description. Sens 3 Relation entre les choses. Sens 4 Analogie.
- autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
- passions : Descartes appelle "passions" toutes les affections de l'âme résultant de l'action du corps sur celle-ci.
Nous nous interrogeons sur les passions et les implications du rapport à autrui en ce qui les concerne. Sans rapport à autrui, y aurait-il des passions ? Si les passions sont en première analyse ce qui en nous tend vers l'autre, ne faudrait-il reconnaître que les passions semblent bien être liées à l'autre en général c'est-à-dire à l'autre particulier qu'est autrui ? En effet certaine passion semblent bien réunir les hommes entre eux, donner une forme à leurs relations. Mais pour autant « l'ouverture » de la conscience vers l'autre sur le mode passionnel pourrait-elle s'identifier à un rapport à autrui authentique, c'est-à-dire un rapport moral ? Il semble que ce soit difficile tant la passion est-elle même excessive et son assouvissement bien souvent solitaire : autrui n'est bien souvent pour le passionné que le moyen où l'obstacle, de l'assouvissement de sa passion. Dès lors ne serait-ce que la considération d'autrui n'a aucun rôle à jouer dans la constitution des passions sinon en tant qu'objet. Comment résoudre cette apparente opposition entre la dimension sociale et relationnelle des passions et leur dimension antisociale et immorale ? C'est ce que nous tenterons de comprendre en dernier lieu.
Proposition de plan : 1 . Les passions sont constitutivement tendues vers l'autre et donc vers autrui. a) La passion est, l'action en moi de force qui me dépasse, elle signale donc l'existence à l'extérieur de moi, de ma raison de ma pensée, de mon « je », un monde que je ne peux ignorer et vers lequel je suis porté comme malgré moi. b) Ce monde m'englobe et avec moi tout les objets dont ces objets particuliers que sont mes semblables les hommes. Je suis porté par nature à désirer, à convoiter des objets à l'extérieur de moi par la passion. La passion c'est donc l'intrusion du corps pris au milieu du monde dans la pensée. c) Ce corps passionné est donc pour la pensée le signe indubitable que le monde existe et qu'il résiste en moi. De la même façon donc ce corps passionné et sensible donc, est le signe pour la pensée qu'à l'extérieur de moi existent des semblables que je suis porté à aimer ou à haïr. Problème : Si certaines passions enveloppent bien autrui, il semble qu'elle l'objectivent bien souvent, voyant en lui un moyen ou un obstacle de leur satisfaction. Or faire d'autrui un moyen ou un ennemi c'est en faire un objet comme les autres une altérité sans conscience, sans raison, sans fins propres.
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