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Sujet : Un savant peut-il ignorer ce qui se fait dans les sciences autres que la sienne ?

Définitions des termes :
  • savant : Celui qui possède un maximum de connaissances. b) Celui qui exerce une activité scientifique (un physicien, un biologiste).
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • science : Ensemble des connaissances portant sur le donné, permettant la prévision et l'action efficace. Corps de connaissances constituées, articulées par déduction logique et susceptibles d'être vérifiées par l'expérience.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.

Extrait du corrigé : Introduction : Le fait de la division des sciences, peut-il être absolu ?1° Si l'on admettait avec A. Comte une hiérarchie des sciences, où les notions complexes dériveraient de plus simples, il en ressortirait évidemment la nécessité de connaître les sciences antérieures dans la classification. En réalité la recherche scientifique ne se présente pas avec cette simplicité; il y a effectivement des sciences très avancées qui se font par déduction, et là il faut nécessairement connaître et les notions premières, et les formes de déduction, qui sont données par d'autres sciences (ex. la mélanique qui suppose les mathématiques). Mais il y a aussi des sciences qui dégagent leurs notions par analyse, en abordant directement les faits (ex. chimie), ce qui les rend relativement indépendantes;2° Il faut donc classer les divers types de rapports qui résultent de ces diverses conditions;3° Il en résulte : A) Principe général : La nécessité de faire appel à d'autres sciences apparaît d'autant plus nettement que la science prend davantage un aspect déductif, ou que les faits étudiés se composent davantage au moyen d'éléments, objets d'autres sciences.B) Il n'y a pas nécessairement réciprocité : par ex. le physicien dépend du mathématicien, mais non réciproquement; de même le minéralogiste par rapport au chimiste; mais physicien et chimiste sont réciproquement solidaires. On ne peut donc poser a priori ni une proportion ni le sens d'utilisation.

Un savant peut-il ignorer ce qui se fait dans les sciences autres que la sienne ?

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