Le savoir exclut il toute formes de croyances? *
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Aperçu du corrigé : Le savoir exclut il toute formes de croyances?
On oppose traditionnellement croyance et savoir : croire, c’est tenir pour vrai sans preuve, sans démonstration, c’est se fonder sur un principe étranger et douteux, alors que savoir, c’est la possession du vrai, c’est se baser sur des preuves expérimentales, des démonstrations nécessaires. Ainsi, la certitude née du savoir paraît supérieure à celle née de la croyance, qui semble manquer de fondements ; c'est pourquoi le savoir semble destiné à faire disparaître la croyance, partout où elle règne encore. Cependant, le progrès considérable du savoir scientifique accompli depuis plusieurs siècles n'a pas fait disparaître la croyance, bien au contraire : superstitions et religions jouent un rôle toujours aussi important. Ainsi est-il légitime de se demander si le savoir exclut toute forme de croyance, que ce soit à la base même de la connaissance scientifique, ou bien dans sa production. En effet, de prime abord, il parait évident, légitime et nécessaire d’opposer savoir et croyance, le premier excluant nécessairement le second. Néanmoins, si des exemples nous montrent que la science a pu faire reculer voire disparaître certaines croyances, s’agit-il de penser qu’elle est susceptible de bannir toutes les croyances ? N'y a-t-il pas en effet, plusieurs manières de tenir quelque chose pour vrai, c'est à dire plusieurs formes de croyances ? La science ne repose-t-elle pas elle-même sur certaines formes de croyances, telles la croyance en les pouvoirs de la raison ? Dès lors, si au fondement de tout exercice de la raison il y a une croyance en la raison, la connaissance scientifique ne connaît-elle pas certaines limites ?
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Le savoir n'exclut donc pas toute forme de croyance, d'autant plus qu'il ne peut prétendre accéder aux questions métaphysiques qui relèvent aussi de la croyance. Les axiomes, les postulats, les hypothèses sont autant de croyances, certes raisonnablement admises, mais qui n'en restent pas moins des croyances. En revanche, le savoir suppose le doute en ce qu'il concerne les évidences trop rapidement admises. C'est bien le caractère incertain du savoir, du moins la prise de conscience de ce caractère, qui lui confère son caractère dynamique et lui permet d'évoluer.
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- I – Savoir et croyance ne s'excluent-ils pas en se complétant ?
- II – Le savoir a-t-il besoin de croyance ?
- III – Peut-on opposer le savoir à la croyance ?
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