Savoir, est-ce pouvoir ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Savoir, est-ce pouvoir ?
Publié le : 27/2/2005 -Format:
- savoir : a) Comme nom, ensemble de connaissances acquises par l'apprentissage ou l'expérience. b) Comme verbe, avoir appris quelque chose, et pouvoir le dire, le connaître, le répéter.
- pouvoir : Du latin populaire potere, réfection du latin classique posse, «être capable de ». 1° Verbe : avoir la possibilité, la faculté de. 2° Avoir le droit, l'autorisation de. 3° Nom : puissance, aptitude à agir. 4° En politique, ressource qui permet à quelqu'un d'imposer sa volonté à un autre, autorité. 5° Employé seul (le pouvoir), les institutions exerçant l'autorité politique, le gouvernement de l'État.
Contrairement à ses prédécesseurs qui cherchaient seulement à savoir, Bacon faisait de la science un moyen pour l'homme d'augmenter son pouvoir sur la nature. Cette conception d'un théoricien de la science qui n'était pas lui-même un savant est devenue assez commune.
A notre époque où l'expansion industrielle exige de plus en plus de techniciens, elle semble s'imposer : le savoir, pense-t-on assez couramment, donne la mesure même du pouvoir d'agir sur la nature et d'organiser le monde pour le mieux-être de l'humanité ; c'est donc pour ce pouvoir, condition de ce mieux-être, qu'il faut chercher à savoir.
Pouvons-nous accepter ces thèses sans réserves ?
C'est le cas du savoir des spécialistes des langues mortes et plus généralement des philologues ou de ceux qui possèdent des connaissances littéraires fort étendues. L'histoire peut bien servir à l'action politique mais l'historien lui-même ne tire pas des résultats de ses recherches un pouvoir particulier. Les mathématiques, données, non sans raison, comme le type même du savoir, sont bien devenues l'instrument universel des sciences qui augmentent le pouvoir de l'homme ; mais, prises en elles-mêmes, elles ne procurent pas un pouvoir particulier à celui qui consacre sa vie à les étudier. C. Enfin, même lorsqu'il le conditionne, le savoir ne se transforme pas de lui-même en pouvoir. Sans doute, l'homme qui sait peut plus que l'ignorant, mais à science égale les capacités d'action peuvent être fort inégales. En effet, le savoir abstrait et théorique doit être adapté aux situations concrètes et pratiques. Or cette faculté d'adaptation est un don naturel que l'expérience peut développer : il ne s'apprend pas comme une formule de chimie. L'observation vaut dans les activités qui supposent des connaissances étendues dans le domaine des sciences de la nature : l'ingénieur ou l'architecte les plus inventifs ne sont pas nécessairement ceux qui obtenaient les meilleures notes dans les examens théoriques ; le diagnostic médical et la détermination de la thérapeutique qui convient dans un cas particulier supposent autre chose que la connaissance de la physiologie normale et pathologique. Elle vaut encore plus dans le domaine, ouvert assez récemment, qui relève des sciences humaines.
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