La science accepte-t-elle le doute ? *
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Aperçu du corrigé : La science accepte-t-elle le doute ?
Le mot "science" dérive de scienta et de scire qui signifient savoir. La science dans un sens général a donc à voir avec le savoir. Ce savoir a été défini par les Grecs par trois aspects : c'est un savoir éminent, supérieur qui se doit d'être universel et théorique. La science par suite est entendue comme un savoir qui repose sur des critères précis de vérification et des résultats objectifs. Cette nécessité de vérification fait des connaissances scientifiques, des connaissances assurées. Pendant longtemps, en effet, la science a été le refuge des vérités éternelles et objectives qui excluaient le doute. Ce dernier vient du latin dubitare qui évoque le mouvement de balancement et renvoie donc à un état d'esprit provenant d'une absence de certitudes. Or, si l'esprit du scientifique balance sans cesse, c'est le mouvement même de ses recherches qui se trouvent arrêter. La science a pour but de mettre un terme au doute en trouvant des vérités assurées. Pourtant, la succession des connaissances scientifiques ne montre-t-elle pas qu'aucune vérité scientifique n'est absolue? La marque de la science n'est-elle pas justement de faire face au doute? Ce dernier ne distingue-t-il pas le dogme de la science justement?
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DOUTE (lat. dubitare, balancer entre deux choses, hésiter)
Doute sceptique. On qualifie de doute sceptique le doute définitif que pratiquent les adeptes de l'école grecque de Pyrrhon, concluant à l'impossibilité d'affirmer quoi que ce soit avec certitude en raison de l'impuissance où nous sommes de prouver ce que nous prouvons (régression à l'infini). La sagesse pyrrhonienne fait de la suspension du jugement (épochè) l'instrument de notre bonheur dans la mesure où l'état d'indifférence qu'induit sa pratique est toujours préférable au malheur d'un esprit animé par un vain désir de savoir.
Doute méthodique ou cartésien. Avec Descartes, le doute n'est plus une fin en soi, mais un moyen en vue d'une fin. Descartes doute pour ne plus douter; il se sert du doute comme d'un instrument de connaissance. Parce qu'on peut être certain et se tromper, Descartes doute de ce qu'il tient pour certain afin de contrôler la solidité et le bien-fondé de ce qu'il reçoit pour vrai. Ainsi, est vrai non pas simplement ce dont je suis certain, mais ce qui résiste au doute, ce qui est indubitable.
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