Les sciences humaines suffisent-elles à connaître l'homme ? *
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Aperçu du corrigé : Les sciences humaines suffisent-elles à connaître l'homme ?
Les sciences humaines postulent qu’il est impossible de connaître l’homme indépendamment de ses déterminations naturelles, biologiques, physiques, et indépendamment de ses relations avec son milieu ou son environnement (naturel, social). Cependant, n’y a-t-il pas une part de l’humain qui leur échappe ici ? Car en effet, réduire l’humain à des déterminations empiriques (qu’il suffirait de connaître pour connaître l’homme), n’est-ce pas éluder tout ce qui, en l’homme, se distingue de la nature physique ou sensible (la raison, la morale, l’esthétique, la liberté) ? Les S-H suffisent-elles à connaître l’homme au sens où toute connaissance digne de ce nom doit se borner à ce qui est observable, quantifiable, expérimentable, ou bien l’homme déborde-t-il toujours les cadres posés par elle de sorte qu’elles seront toujours imparfaites, c’est-à-dire partielles, inachevées, lacunaires, et donc insuffisantes à connaître l’homme ?
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Puisqu'il s'agit de considérer l'homme, non pas dans son identité individuelle, personnelle - rendre compte non de Callias, mais de l'humanité, l'universel, présent en lui dirait Aristote, de considérer ce que l'homme comporte de nécessité (il n'y a en effet de science au sens strict que du nécessaire) -, plusieurs normes ou exigences fondamentales caractérisent ainsi cette volonté de connaître l'homme, c'est-à-dire d'amener l'homme à une connaissance positive, objective. Examinons ces exigences.
b) L'observation Les S-H ont pour principe de renoncer d'abord à toute hypothèse préalable concernant leur objet et pour cela, privilégient l'observation de faits inter-subjectivement observables. Exemple : le psychologue prend pour point de départ de son étude des symptômes, soit un ensemble de signes traduisant divers états psychologique et/ou physiologiques. Enjeu : réitérer le geste fondateur de la modernité à l'égard de la nature (les phénomènes physiques n'ont pu entrer dans la science qu'au prix d'un renoncement aux causes finales, c'est-à-dire que s'est opérée une démythification des phénomènes physiques) : l'homme n'est pas être pourvu d'une âme d'origine divine et immatérielle (impérissable aussi), mais chacune de ses pensées est explicable soit pour les sciences cognitives, en vertu de processus fonctionnels émergent de certaines connexions neuronales, soit, pour la psychanalyse, en termes de mécanismes pulsionnels inconscients.
c) L'expérimentation Ainsi, le plus souvent et quand cela est possible, les S-H s'efforcent d'ajouter à l'observation, le recours à l'expérimentation. Exemple : l'étude des fonctions cognitives se fait en laboratoire, de même en neurosciences : l'imagerie cérébrale est un élément indispensable pour la validation de certains présupposés. Une fois de plus, l'homme est traité comme une chose (la chose ici = le cerveau, organe physique observables et potentiellement expérimentable objectivement).
d) La quantification La quantification, conformément au modèle des sciences de la nature devient ainsi une exigence fondamentale et la mesure est à la base de l'objectivité des S-H Exemple : recours très fréquent aux mathématiques, en particulier aux statistiques en Sociologies (sondages, études démographiques ...) L'enjeu : atteindre la formulation de « lois » qui prendraient, comme la loi physique, la forme d'une fonction mathématique où l'homme en tant qu'individu ne serait qu'une variable. En un mot, effacement de la singularité.
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Les sciences humaines suffisent-elles à connaître l'homme ?