Selon Alain, « il n'y a point de fatalité dans le roman : au contraire, le sentiment qui y domine est d'une vie où tout est voulu, même les passions et les crimes, même le malheur » (Système des Beaux-Arts, 1920). Partagez-vous cette opinion ? *
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Aperçu du corrigé : Selon Alain, « il n'y a point de fatalité dans le roman : au contraire, le sentiment qui y domine est d'une vie où tout est voulu, même les passions et les crimes, même le malheur » (Système des Beaux-Arts, 1920). Partagez-vous cette opinion ?
Les sujets peuvent être les plus divers : descriptions techniques de n'importe quel objet, descriptions poétiques, considérations philosophiques du narrateur... Il n'est même pas nécessaire que l'auteur soit un personnage unique. Alexandre Dumas est ainsi célèbre pour avoir fait collaborer à nombre de ses romans des auteurs anonymes (ce qu'on appelle toujours des « nègres »). _En effet, le roman est une forme dans laquelle rien n'arrive qui n'ait été décidé par son ou ses créateurs. Paradoxalement, une oeuvre romanesque est assez libre pour permettre même un traitement tragique de son sujet. C'est particulièrement le cas du genre « historique », dont l'issue se laisse deviner par le lecteur (ainsi le roman de Malraux intitulé L'Espoir met en scène des républicains espagnols durant la guerre civile, dont le destin ne peut-être que la défaite finale et la mort). Dans le roman, rien n'est fatal, pas même l'absence de fatalité. II : Le roman, un espace de libre déploiement de la volonté _La Comédie Humaine de Balzac présente un certain type de héros, dont l'action consiste à poursuivre des buts personnels au sein d'un contexte social censé le déterminer. Par le défi qu'il lance à Paris tout entier à la fin du Père Goriot, Rastignac affirme son irréductible singularité, contre la société bourgeoise dans laquelle il s'introduit pour mieux en triompher. En ce sens, la volonté du personnage principal occupe le centre d'un triptyque, dont les panneaux sont la volonté de l'auteur qui l'engendre, et celle du lecteur qu'elle détermine. _Si c'est au récit balzacien ou stendhalien que pense sans doute Alain lorsqu'il parle de « vie où tout est voulu », le roman moderne radicalise la Toute-Puissance de la volonté dans le roman, jusqu'à la mettre en danger.
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