Le silence est-il créateur ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Le silence est-il créateur ?
· Analyse du sujet
® Nous vivons dans un monde où la verbalisation est la règle et le silence l’exception. Nous vivons au milieu d’un torrent de mots ; si bien que la valeur du silence nous échappe le plus souvent ; et pourtant, il est difficile de séparer le silence et la parole, le silence et l'intention de signification. Sans un espace entre les mots, les mots eux-mêmes seraient-ils compréhensibles ?
® Nous ne savons plus au fond ce que représente la parole, ni ce que signifie le silence. Pourtant, nous sentons aussi que nous avons besoin du silence. La Parole et le silence sont étroitement liés. N’est-ce pas parce qu’à sa manière le silence signifie à travers les mots autant que les mots signifient eux-mêmes ? Ou bien, faut-il admettre que le silence est seulement une impuissance ou une impasse dont le langage nous libère. Le silence ne dit-il rien ?
® On ne peut en réalité comprendre la question qu’en tant qu’on la rapporte au langage conçu/perçu comme l’instrument de communication grâce auquel les individus créent des liens, etc. Or, il s’agit ici de s’interroger sur la valeur du silence lui-même. Il s’agit de déterminer si le silence n’est que la marque d’une impuissance à exprimer, voire à penser, ou si au contraire il « dit » parfois bien plus que de simples bavardages. Il s’agit donc si le silence peut être moteur de pensées, d’actions inédites, réfléchies (ce qui revient à s’interroger sur son côté créateur).
® De la même manière, si l’on définit le silence comme créateur, il reste encore à déterminer ce qu’il crée : du sens par exemple ? C’est donc bien la valeur du silence en tant que tel qui est ici mise à la question.
Problématique
Est-il légitime d’affirmer que le silence peut-être, en lui-même et pour lui-même créateur ? Le silence n’est-il pas vide de sens et de signification, et donc par là même totalement infécond ? C’est donc non seulement la fonction du silence mais aussi sa nature qui sont ici mises à la question. En quel sens affirmer que le silence et créateur ? Et de quoi est-il créateur ? N’est-il pas plutôt le déclencheur par l’intermédiaire duquel un processus de création peut s’engendrer ?
Et il peut noyer la pensée en l'absence d'une certaine forme de silence, qui est alors créateur de sens et de valeurs. · Dans cette perspective, on s'aperçoit qu'une pensée paresseuse peut se laisser mécaniquement conduire par le langage : on dit que la lettre finit par tuer l'esprit. Il est toujours facile de répéter des formules apprises, au lieu de réinvestir leur sens. A suivre seulement les mots, on finit par ne plus entendre clairement ce qu'ils disent. Une pensée faible s'en laisse facilement imposer. Ainsi la lettre peut se transmettre sans l'esprit qui l'animait. Une intelligence ainsi mécanisée devient incapable de donner un sens à des formules anciennes · Le langage met parfois en péril la pensée quand il n'est pas maîtrisé et qu'il l'étouffe sous une prolifération anarchique et bruyante. La puissance du langage peut se retourner contre la clarté et la vivacité de la pensée, peut même la jeter dans la confusion. La parole peut prêter au quiproquo, se révéler inadaptée ou mensongère, ce qui laisse la pensée démunie. En un sens, il est important que l'esprit conserve toujours le témoignage silencieux devant ce qui est dit, sans être jamais étourdi.
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