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Sujet : Le silence ne dit-il rien ?

Définitions des termes :
  • silence : • Absence de bruit, d'agitation. • Fait de ne pas parler, de se taire. • Moment où l'on cesse de parler. • Fait de ne pas vouloir ou de ne pas pouvoir exprimer sa pensée, ses sentiments. • Fait de laisser entendre sa pensée, ses sentiments, sans les exprimer formellement. • Fait d'entrer en communion, en communication intime, sans le secours de la parole. NB : Minute de silence. Minute de silence qu'une assistance recueillie observe à la mémoire d'un (des) mort(s)
  • rien : Le néant, l'absence, la nullité.

Extrait du corrigé : Psychanalyse freudienne et langage." Ca parle là où ça souffre": cet aphorisme de Jacques Lacan souligne la liaison étroite entre le langage et la psychanalyse. Lapsus, rêves, cure, tout se joue autour de la question du langage et de sa signification.La révolution psychanalytique part d'une constatation dont toute l'oeuvre de Freud s'efforce d'administrer la preuve en étendant ses recherches depuis le comportement du sujet individuel jusqu'aux manifestations culturelles de l'humanité (art, religion, guerre, morale); l'homme n'est pas le centre de lui-même. Il y a en lui un autre sujet que le sujet conscient de la psychologie traditionnelle dont les racines sont à trouver du côté de la sexualité: l'inconscient.La découverte freudienne n'est dont pas une recherche de type biologique ou physiologique, encore moins une apologie des instincts, et le psychanalyste n'est pas tant à comparer à un explorateur de fonds inconnus qu'à un linguiste tentant de déchiffrer des réseaux de signes et d'en interpréter le sens. Ce qui a été "refoulé" continue de fonctionner en dehors du sujet, et le nouveau sujet de cet "en dehors" est strictement ce qu'on nomme inconscient. Une vérité, une conduite refoulée s'expriment ailleurs, dans un autre registre, en langage chiffré et clandestin. Sous la voix claire de notre conscience, murmure ou quelque fois crie une autre voix, celle d'une histoire très ancienne, celle de notre passé individuel et plus généralement de notre culture qui nous conte des récits faits d'inceste, de meurtre et de parricide.Freud, nous donne donc à comprendre que l'homme est indissociablement un être de désir et un être de langage et que le premier a besoin du second pour se dire ou pour se cacher.

Le silence ne dit-il rien ?

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Définitions

  • silence : • Absence de bruit, d'agitation. • Fait de ne pas parler, de se taire. • Moment où l'on cesse de parler. • Fait de ne pas vouloir ou de ne pas pouvoir exprimer sa pensée, ses sentiments. • Fait de laisser entendre sa pensée, ses sentiments, sans les exprimer formellement. • Fait d'entrer en communion, en communication intime, sans le secours de la parole. NB : Minute de silence. Minute de silence qu'une assistance recueillie observe à la mémoire d'un (des) mort(s)
  • rien : Le néant, l'absence, la nullité.

Problématique

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·         Eléments de définition

 

Silence =

1-      Absence de tout bruit, et mais surtout absence de parole ; le silence est donc aussi l’absence de sens. « Le silence infernal des espaces infinis », Pascal.

2-      Abstention délibérée et volontaire de parole. Le silence n’est plus alors l’absence de sens, il est au contraire très significatif (ex. : qui ne dit mot consent) ; il peut même être, au sein des plus grandes controverses, le moyen le plus ferme de se faire entendre (ex : « le bruit que fait votre silence », Montherlant, Le maître de Santiago)

3-      Aboutissement ou dépassement du discours. Le silence peut être infra discursif, c’est le silence de la brute, il peut être aussi le silence du sage dans la présence et peut apparaître comme l’horizon de la philosophie pourtant toujours nécessairement discursive. Weil, La logique de la philosophie.

→ Dire = Faculté de s’exprimer à l’aide d’un système de sons articulés, ou le fait même de cette expression. Exécution individuelle de l’acte linguistique, elle est fonction du sujet parlant, tandis que la langue est un système n’existant que de façon sociale.

·         Angles d’analyse

→ Nous vivons dans un monde où la verbalisation est la règle et le  silence l’exception. Nous vivons au milieu d’un torrent de mots ; si bien que la valeur du silence nous échappe le plus souvent ; et pourtant, il est difficile de séparer le silence et la parole, le silence et l'intention de signification. Sans un espace entre les mots, les mots eux-mêmes seraient-ils compréhensibles ?

→ Nous ne savons plus au fond ce que représente la parole, ni ce que signifie le silence. Pourtant, nous sentons aussi que nous avons besoin du silence. La Parole et le silence sont étroitement liés. N’est-ce pas parce qu’à sa manière le silence signifie à travers les mots autant que les mots signifient eux-mêmes ? Ou bien, faut-il admettre que le silence est seulement une impuissance ou une impasse dont le langage nous libère. Le silence ne dit-il rien ?

→ On ne peut en réalité comprendre la question qu’en tant qu’on la rapporte au langage conçu/perçu comme l’instrument de communication grâce auquel les individus créent des liens, etc. Or, il s’agit ici de s’interroger sur la valeur du silence lui-même. Il s’agit de déterminer si le silence n’est que la marque d’une impuissance à exprimer, voire à penser, ou si au contraire il « dit » parfois bien plus que de simples bavardages. Il s’agit donc de savoir si le silence peut être moteur de pensées, d’actions inédites, réfléchies.

Problématique

Est-il légitime d’affirmer que le silence peut-être, en lui-même et pour lui-même, signifiant, c’est-à-dire créateur de signification ? Le silence n’est-il pas vide de sens et de signification, et donc par là même totalement infécond ? C’est donc non seulement la fonction du silence mais aussi sa nature qui sont ici mises à la question. En quel sens affirmer que le silence est chargé de signification ? Et que dit-il et à quel niveau le dit-il si effectivement il signifie ? N’est-il pas plutôt le déclencheur par l’intermédiaire duquel un processus de signification peut s’engendrer ?



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