La société est-elle une contrainte pour l'individu ?
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Publié le : 10/9/2004 -Format:
- société : association d'individus qui constitue le milieu où chacun s'intègre. Toute espèce vivante est plus ou moins sociale ; mais tandis que les sociétés animales sont naturelles et gouvernées par l'instinct, les sociétés humaines, organisées selon des institutions mobiles, véhiculent une culture.
- contrainte : Force ou coercition extérieure qui empêche l'action volontaire. Ne pas confondre avec obligation, qui émane de la volonté.
- individu : 1) Tout être organisé qui ne peut être divisé sans perdre ses caractères essentiels. 2) L'être humain considéré isolément, par opposition à la société ou à l'État.
Toute société est composée d'individus qui sont unis par des liens déterminés. Sans le respect de règles communes, morales, religieuses, juridiques, la vie sociale serait impossible. Mais la résistance que chacun oppose aux contraintes collectives témoigne du fait que l'individu revendique pour lui-même le droit d'exister en tant qu'être ayant une valeur en lui-même, indépendante de son appartenance à un groupe.
Schopenhauer affirme même que plus un individu a de la valeur et moins il supporte la vie sociale qui entrave son développement : « Toute société a pour compagne inséparable la contrainte et réclame des sacrifices qui coûtent d'autant plus cher que la propre individualité est plus marquante » (Aphorismes). Par conséquent, le goût de la solitude est d'autant plus grand que la valeur de son propre moi est réelle.
S'il n'est pas question de nier l'attachement de l'individu à lui-même, son désir d'assouvir ses penchants ou intérêts propres, on ne peut toutefois soutenir que la société est tout entière négative et qu'il n'y a de bonheur bien compris que dans une vie privée. Car ce qui fait homme l'individu, ce n'est pas, comme le souligne Auguste Comte, l'individu lui-même, réduit à lui-même, mais le langage, la pensée, le savoir et le savoir-faire, « toutes choses qui viennent non de lui-même, mais de la société de ses contemporains et de ses prédécesseurs ». Sans la société, l'individu ne serait pas un être humain mais un simple exemplaire d'une espèce biologique. Autrement dit, il ne serait qu'un animal.
Reste que si l'individu tire son humanité de la société qui l'éduque, il ne saurait se fondre en elle sans perdre son identité et donc ce qui fait de lui une personne différente des autres. Il convient d'éviter tout autant la fusion que le divorce.
C. Car l'homme est essentiellement un animal politique.
Aussi la morale est-elle subordonnée à la politique, qui est pour Aristote la science souveraine par excellence, dont dépendent toutes les autres sciences. « Ce qui n'est pas utile à l'essaim n'est pas utile à l'abeille non plus. » Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, IIe s. apr. J.-C. Marc-Aurèle fustige ici l'attitude égoïste de ceux qui cherchent à tirer de toute situation un avantage personnel, au mépris de l'intérêt général. Seul ce qui est utile à la société tout entière mérite d'être recherché.
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