Sommes-nous en mesure de déceler nos propres préjugés et de nous en délivrer ?
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Publié le : 27/2/2005 -Format:
- préjugé : Littéralement, qui est "jugé avant". Se dit des croyances, des opinions préconçues qui empêchent d'avoir une vision rationnelle et objective des choses. Le préjugé à proprement parler est un jugement d'avant le jugement vrai. S'intéresser au pré-jugé, c'est donc par conséquent s'intéresser à la notion de jugement dès lors que le préjugé est une forme de jugement. Le jugement en tant que faculté de juger est d'abord une puissange qui permet de distinguer le vrai et le faux qui s'exerce bien ou mal selon l'usage qu'on en fait. Un préjugé c'est donc une idée reçue, une opinion qu'on croit fondée, réfléchie mais qui ne l'est pas. Le préjugé sous-tend souvent une coloration négative. Ainsi l'on dira, « il est bourré de préjugés. » Cependant, il semble nécessaire pour vivre de s'appuyer au moins un temps sur les préjugés. Pensons ainsi à l'enfant qui ne peut faire l'économie de préjugés dès lors que la faculté de juger est en cours de formation. On jugerait ainsi nécessairement à partir de préjugés. La question de la lutte des préjugés apparaît comme nécessaire dès lors qu'elle serait constitutive du jugement.
Lorsque l’on nous parle de préjugés, nous avons certes un certain nombre d’affirmations qui nous viennent à l’esprit, telle celle selon laquelle les Anglais seraient flegmatiques, ou encore celle selon laquelle les philosophes n’auraient pas les pieds sur terre, etc. Nous avons l’impression de savoir identifier un préjugé. Mais ce qui peut nous échapper, c'est qu’il apparaît comme plus facile de reconnaître les préjugés des autres que ceux que nous serions susceptibles de nourrir. Afin de répondre à la question de savoir si nous sommes en mesure de déceler nos propres préjugés et de nous en délivrer, il convient tout d’abord de définir le préjugé. Littéralement, le pré-jugé est ce qui a déjà été jugé, conçu. Le propre du préjugé étant de ne pas avoir été pensé et établi par nous-mêmes, on peut légitimement se demander si nous avons la possibilité de les reconnaître, de reconnaître des idées irréfléchies dont nous avons héritées, et si nous pouvons nous en libérer, dans la mesure où ils nous alièneraient à des conceptions qui ne sont pas véritablement nôtres. L’enjeu de cette question est de considérer les limites de la liberté de l’homme, de sa conscience et de la connaissance qu’il peut avoir de lui-même.
Je pense que l'argent fait le bonheur/Je pense que je pense que l'argent fait le bonheur. 2-C'est le propre de la « dialectique »(Platon) comme art du discours que de discriminer entre les idées qui sont de l'ordre de l'opinion de celles qui peuvent être fondées en raison. B- Ces idées irréfléchies qu'on peut reconnaître sont des opinions. 1-Le mythe de la Caverne de Platon établit la distinction entre opinions (idées dont on hérite et qui ne sont pas toujours rationnelles) et connaissances. 2- L'homme qui cherche la vérité apprend petit à petit à voir dans ses pensées celles qu'ils ne jugent pas bonnes, pas raisonnables, dans la mesure où le critère pour discerner entre préjugé et ce qui n'en est pas s'affine à mesure qu'on devient plus sage.(Platon) C- C'est en connaissant nos préjugés que nous nous en libérons. 1-« Connais-toi toi-même » : c'est l'adage socratique qui invite à reconnaître ses préjugés, et par là à s'en libérer. 2-C'est pour Socrate et Platon la connaissance qui libère véritablement l'homme de ses servitudes. Alors, c'est en décelant nos préjugés qu'on s'en libère. II- Pouvons-nous être certains d'être absolument libres de tout préjugé ?
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