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Sujet : Sommes - nous responsables de nos actes ?

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Sommes nous responsables

Pour être considérée comme responsable d'un acte, une personne doit être consciente d'avoir agi et reconnaître dans cet acte son intention propre. Cette pleine conscience n'est pas innée. D'où la difficulté de tenir un enfant pour responsable. Jean Piaget montre dans ses travaux que, jusqu'à six ou sept ans, un enfant évalue la gravité d'un acte avant tout en fonction de l'importance des dommages qu'il occasionne. Il est plus sensible au résultat objectif qu'à l'intention subjective. Il trouvera par exemple plus répréhensible de casser dix assiettes par accident que d'en casser une seule en le faisant exprès.
 La notion de responsabilité apparaît chez le jeune enfant dans sa relation avec les autres enfants de son âge, et c'est dans ce contexte que se développe un jugement capable d'opérer la distinction entre le résultat de l'acte et l'auteur de cet acte, distinction sans laquelle la notion de responsabilité est vide de sens.
 Il faut également savoir où finit la conscience et dans quel cas le sujet est hors de cause. L'aliénation mentale, lorsqu'elle supprime chez le meurtrier la capacité de discerner le bien du mal, peut justifier qu'il soit soustrait à la justice et confié à la médecine. On considère en effet que ni au moment des faits, ni dans le temps du jugement, il n'est capable de répondre de ses actes. En revanche, le droit reconnaît comme responsable une personne qui, malgré une irresponsabilité partielle de son acte, est susceptible de prendre progressivement conscience de la nature d'un acte qu'elle a pu commettre dans un état d'inconscience relative.

actes   Un objet passif, ballotté par les circonstances, et dépourvu de volonté propre, est l'exact contraire d'un sujet moral susceptible d'orienter son action en procédant à des choix personnels.Si l'on définit le sujet comme responsable, c'est parce qu'il peut répondre de ses choix et, d'une façon générale, de ses actes. Il n'en est pas seulement l'agent (comme un acide est un agent de corrosion), mais aussi l'auteur (comme un écrivain est l'auteur de son roman). Cela suppose qu'il ait conscience des raisons et des conséquences de ses actes. Or, cette conscience, l'enfant ne la possède pas immédiatement. Et, plus généralement, ne peut-on craindre que, du fait de l'existence de l'inconscient, elle ne soit jamais vraiment suffisante pour faire de nous tous des sujets responsables ? Pour être considérée comme responsable d'un acte, une personne doit être consciente d'avoir agi et reconnaître dans cet acte son intention propre. Cette pleine conscience n'est pas innée. D'où la difficulté de tenir un enfant pour responsable. Jean Piaget montre dans ses travaux que, jusqu'à six ou sept ans, un enfant évalue la gravité d'un acte avant tout en fonction de l'importance des dommages qu'il occasionne.

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Citations

« L'homme est libre; sans quoi conseils, exhortations, préceptes, interdictions, récompenses et châtiments seraient vains. » Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, 1266-1274.
 Si l'homme n'est pas doué du libre arbitre, il ne peut être tenu responsable de ses actes. Quel sens y aurait-il à punir ou à récompenser quelqu'un qui ne pouvait agir autrement qu'il ne l'a fait?
 
 
« Qui lance une pierre ne peut plus la rattraper. Toutefois, il était en son pouvoir de la jeter ou de la laisser tomber, car cela dépendait de lui. Il en va de même pour les hommes qui pouvaient, dès le début, éviter de devenir injustes et débauchés; aussi le sont-ils volontairement; mais une fois qu'ils le sont devenus, ils ne peuvent plus ne pas l'être. » Aristote, Éthique à Nicomaque, Ive s. av. J.-C.
 
 
« L'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait. » Sartre, L'existentialisme est un humanisme, 1946.
 L'homme est « condamné à être libre », parce qu'il ne peut échapper au devoir de se réaliser lui-même, de se faire être ce qu'il est.
 
 
« Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation allemande. » Sartre, «La République du silence», 1944.
 Cette affirmation paradoxale, comme on s'en doute, a fait couler beau coup d'encre. Comment peut-on se déclarer « libre » quand on est asservi, torturé, déporté, humilié ? Provocation gratuite ? Non, Sartre veut dire que la liberté est toujours une conquête, et d'abord une conquête sur soi-même. Il est facile de se dire « responsable » quand on est loin des combats ; c'est au contraire dans les « situations limites » (l'occupation allemande, par exemple), quand toutes les libertés nous ont été ôtées, que notre liberté de choisir (ici, entre collaboration et résistance) prend tout son sens et toute sa dimension.
 
 
« Si l'on a conçu les hommes "libres", c'est à seule fin qu'ils puissent être jugés et condamnés, afin qu'ils puissent devenir coupables. » Nietzsche, Crépuscule des idoles, 1889.



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